SUPPLÉMENT À LA SOMME THÉOLOGIQUE

SAINT THOMAS D’AQUIN, Docteur des docteurs de l'Eglise

La pénitence, l'extrême onction, l'ordre, le mariage, le traité des fins dernières

Suppl., Questions 1 à 99

Suivie du Supplementum réalisé par frère Reginald

 

Edition numérique pour les œuvres complètes de saint Thomas d'Aquin

http://docteurangelique.free.fr, 2017

 

Saint Thomas d’Aquin n’a jamais terminé sa Somme de théologie. Surpris par une apparition du Christ alors qu’il célébrait la messe, il n’a jamais voulu reprendre sa dictée. Ce Supplément n’est donc pas directement de lui. Il est une compilation effectuée après sa mort par son secrétaire particulier, Frère Réginald, à partir d’œuvres de jeunesse du Maître, le Commentaire des Sentences de Pierre Lombard.

Sur bien des points de ce Supplément, l’Eglise n’a pas suivi saint Thomas d’Aquin :

 

-        L'Ordre des évêques est un ordre indépendant, radicalement non réductible à l'Ordre des prêtres, quoiqu'en dise saint Thomas d'Aquin (Voir Constitution Dogmatique Lumen Gentium).

-        Le mariage est ordonné de manière indissociable à l'amour réciproque des époux et au don de la vie (et non à la procréation et à l'assouvissement du désir, comme l'enseignait saint thomas d'Aquin).

-       Nous devons tenir que Dieu proposera à tous, sans exception, la possibilité d'être sauvé. (C’est le seul dogme à forme solennelle, voir constitution pastorale Gaudium et Spes 22, 5). La théorie des limbes éternels des enfants morts avec le péché originel est donc définitivement rejetée par l’Eglise à partir de 2007.

 

 

TABLE DES MATIERES

LA PÉNITENCE (SUITE) 13

QUESTION 1 — DES PARTIES DE LA PÉNITENCE EN PARTICULIER. TOUT D'ABORD DE LA CONTRITION_ 13

ARTICLE 1 — La contrition est-elle une douleur voulue de nos péchés jointe à la résolution de nous confesser et de donner satisfaction ?_ 14

ARTICLE 2 — La contrition est-elle un acte de vertu ?_ 15

ARTICLE 3 — L’attrition peut-elle devenir contrition ?_ 16

QUESTION 2 — L’OBJET DE LA CONTRITION_ 17

ARTICLE 1 — L homme doit-il avoir la contrition, non seulement de la faute elle-même, mais encore de ses peines ?_ 17

ARTICLE 2 — Devons-nous avoir la contrition du péché originel ?_ 18

ARTICLE 3 — Devons-nous avoir la contrition de tout péché actuel ?_ 19

ARTICLE 4 — Devons-nous avoir la contrition de nos péchés futurs ?_ 20

ARTICLE 5 — Devons-nous avoir la contrition du péché d’autrui ?_ 21

ARTICLE 6 — La contrition de chaque péché mortel en particulier est-elle requise ?_ 22

QUESTION 3 — L’INTENSITÉ DE LA CONTRITION_ 23

ARTICLE 1 — La contrition est-elle la plus grande douleur qui puisse être dans la nature ?_ 23

ARTICLE 2 — La douleur de contrition peut-elle être excessive ?_ 25

ARTICLE 3 — Devons-nous avoir plus de douleur d’un péché que d’un autre ?_ 26

QUESTION 4 — DU TEMPS DE LA CONTRITION_ 27

ARTICLE 1 — La contrition doit-elle durer toute la vie ?_ 27

ARTICLE 2 — Est-il bon de continuellement pleurer le péché ?_ 29

ARTICLE 3 — Les âmes, après cette vie, ont-elles encore la contrition de leurs péchés ?_ 30

QUESTION 5 — L’EFFET DE LA CONTRITION_ 31

ARTICLE 1 — La rémission du péché est-elle l’effet de la contrition ?_ 31

ARTICLE 2 — La contrition peut-elle enlever toute dette de peine ?_ 32

ARTICLE 3 — Une faible contrition suffit-elle à la rémission de grands péchés ?_ 33

QUESTION 6 — NÉCESSITÉ DE LA CONFESSION_ 34

ARTICLE 1 — La confession est-elle nécessaire au salut ?_ 34

ARTICLE 2 — La confession est-elle de droit naturel ?_ 35

ARTICLE 3 — La confession est-elle obligatoire pour tous ?_ 36

ARTICLE 4 — Est-il permis de confesser un péché qu’on n’a pas commis ?_ 37

ARTICLE 5 — Le pécheur est-il tenu de se confesser immédiatement ?_ 39

ARTICLE 6 — Est-il possible qu’un pécheur soit dispensé de se confesser ?_ 41

QUESTION 7 — LES ÉLÉMENTS ESSENTIELS DE LA CONFESSION_ 41

ARTICLE 1 — Saint Augustin donne-t-il une bonne définition de la confession ?_ 42

ARTICLE 2 — La confession est-elle un acte de vertu ?_ 43

ARTICLE 3 — La confession est-elle un acte de la vertu de pénitence ?_ 44

QUESTION 8 — LE MINISTRE DE LA CONFESSION_ 45

ARTICLE 1 — Est-il nécessaire de se confesser à un prêtre ?_ 45

ARTICLE 2 — Est-il permis, en certains cas, de se confesser à d’autres qu’à des prêtres ?_ 46

ARTICLE 3 — Est-ce qu’en dehors du cas de nécessité quelqu’un qui n’est pas prêtre, peut entendre la confession des péchés véniels ?_ 48

ARTICLE 4 — Est-il nécessaire qu’on se confesse à son propre prêtre ?_ 48

ARTICLE 5 — Peut-on, par privilège ou par ordre du supérieur, se confesser à un autre qu’à son propre prêtre ?_ 50

ARTICLE 6 — Tout prêtre peut-il absoudre un pénitent à l’article de la mort ?_ 52

ARTICLE 7 — La peine temporelle à imposer doit-elle être proportionnée à la gravité de la faute ?_ 54

QUESTION 9 — DES QUALITÉS DE LA CONFESSION_ 55

ARTICLE 1 — La confession peut-elle être informe ?_ 56

ARTICLE 2 — La confession doit-elle être intégrale ?_ 56

ARTICLE 3 — La confession peut-elle se faire par intermédiaire ou par écrit ?_ 58

ARTICLE 4 — La confession exige t-elle les seize conditions que les docteurs lui assignent ?_ 59

QUESTION 10 — L’EFFET DE LA CONFESSION_ 60

ARTICLE 1 — Est-ce que la confession nous libère de la mort du péché ?_ 61

ARTICLE 2 — La confession nous libère-t-elle en quelque façon de la peine du péché ?_ 61

ARTICLE 3 — La confession ouvre-t-elle le Paradis ?_ 62

ARTICLE 4 — La confession donne-t-elle l’espérance du salut ?_ 63

ARTICLE 5 — Une confession par formule générale suffit-elle à effacer les péchés mortels oubliés ?_ 63

QUESTION 11 — LE SECRET DE LA CONFESSION_ 65

ARTICLE 1 — Le prêtre est-il tenu, en toutes circonstances, de cacher les péchés qu’il a connus sous le secret de la confession ?_ 65

ARTICLE 2 — Le secret de la confession s’étend-il à d’autres choses qu’à l’objet même de la confession ?_ 67

ARTICLE 3 — Le prêtre est-il seul tenu au secret de la confession ?_ 67

ARTICLE 4 — Un prêtre peut-il, avec la permission du pénitent, révéler à un autre, le péché qu’il connaît sous le secret de la confession ?_ 68

ARTICLE 5 — Le confesseur peut-il dire ce qu’il sait par la confession, quand il le sait aussi par ailleurs ?_ 69

QUESTION 12 — LA NATURE DE LA SATISFACTION_ 71

ARTICLE 1 — La satisfaction est-elle une vertu ou un acte de vertu ?_ 71

ARTICLE 2 — La satisfaction est-elle un acte de justice ?_ 72

ARTICLE 3 — La définition de la satisfaction, telle que la donne le Maître des Sentences, est-elle satisfaisante ?_ 73

QUESTION 13 — POSSIBILITÉ DE LA SATISFACTION_ 75

ARTICLE 1 — L'homme peut-il offrir satisfaction à Dieu ?_ 75

ARTICLE 2 — Peut-on satisfaire pour autrui ?_ 77

QUESTION 14 — DES QUALITES DE LA SATISFACTION_ 79

ARTICLE 1 — Peut-on satisfaire pour un seul péché séparement ?_ 79

ARTICLE 2 — Peut-on, sans être en état de charité, satisfaire pour des péchés delà remis ?_ 80

ARTICLE 3 — La satisfaction faite en état de péché mortel prend- elle de la valeur quand revient la charité ?_ 82

ARTICLE 4 — Les œuvres faites en dehors de l’état de charité méritent-elles quelque bieii, au moins un bien temporel ?_ 83

ARTICLE 5 — Les œuvres faites en dehors de la charité ont-elle quelque valeur pour l’adoucissement des peines de l’enfer ?_ 84

QUESTION 15 — DES OEUVRES DE SATISFACTION_ 85

ARTICLE 1 — Les œuvres satisfactoires doivent-elles être pénales ?_ 85

ARTICLE 2 — Les peines de la vie présente sont-elles satisfactoires ?_ 87

ARTICLE 3 — Les œuvres satisfactoires sont-elles bien énumérées, quand on en compte trois l’aumône, le jeûne et la prière ?_ 88

QUESTION 16 — DES SUJETS DU SACREMENT DE PÉNITENCE_ 89

ARTICLE 1 — La pénitence peut-elle se trouver dans les innocents ?_ 89

ARTICLE 2 — La pénitence se trouve-t-elle chez les saints glorifiés ?_ 90

ARTICLE 3 — Le bon ange ou le mauvais ange sont-ils, eux aussi, capables de pénitence ?_ 91

QUESTION 17 — DU POUVOIR DES CLEFS_ 92

ARTICLE 1 — Doit-il y avoir des clefs dans l’Eglise ?_ 93

ARTICLE 2 — La clef est-elle un pouvoir de lier ou de délier ?_ 94

ARTICLE 3 — Y a-t-il deux clefs ou une seule ?_ 95

QUESTION 18 — L’EFFET DES CLEFS_ 97

ARTICLE 1 — Le pouvoir des clefs s’étend-il jusqu’à la rémission de la faute ?_ 97

ARTICLE 2 — Le prêtre peut-il remettre la peine due au péché ?_ 100

ARTICLE 3 — Le prêtre peut-il lier par le pouvoir des clefs ?_ 101

ARTICLE 4 — Le prêtre peut-il à volonté lier ou délier ?_ 102

QUESTION 19 — DES MINISTRES DU POUVOIR DES CLEFS_ 103

ARTICLE 1 — Les prêtres de l’Ancienne Loi avaient-ils le pouvoir des clefs ?_ 104

ARTICLE 2 — Le Christ a-t-il eu le pouvoir des clefs ?_ 105

ARTICLE 3 — Les prêtres ont-ils seuls le pouvoir des clefs ?_ 105

ARTICLE 4 — Les saints, qui ne sont pas prêtres, ont-ils aussi le pouvoir des clefs ?_ 107

ARTICLE 5 — Les mauvais prêtres ont-ils l’usage des clefs ?_ 108

ARTICLE 6 — Les schismatiques, hérétiques, excommuniés, et les prêtres suspens ou frappés de la peine de dégradation ont-ils encore l’usage des clefs ?_ 109

QUESTION 20 — CEUX SUR LESQUELS PEUT S’EXERCER LE POUVOIR DES CLEFS_ 110

ARTICLE 1 — Le prêtre peut-il exercer sur tout homme le pouvoir des clefs qu’il détient ?_ 110

ARTICLE 2 — Le prêtre peut-il toujours absoudre son sujet ?_ 111

ARTICLE 3 — Peut-on exercer le pouvoir des clefs sur son supérieur ?_ 113

QUESTION 21 — L’EXCOMMUNICATION_ 114

ARTICLE 1 — Convient-il de définir l’excommunication — "la séparation de la communion de l’Eglise quant à ses fruits et à ses suffrages communs" ?_ 114

ARTICLE 2 — L’Église doit-elle excommunier quelqu’un ?_ 115

ARTICLE 3 — Peut-on être excommunié pour un dommage temporel qu'on aurait causé ?_ 117

ARTICLE 4 — Une excommunication portée injustement a-t-elle quelque e_ 117

QUESTION 22 — CEUX QUI PEUVENT EXCOMMUNIER ET DE CEUX QUI PEUVENT ÊTRE L’OBJET D’UNE EXCOMMUNICATION_ 118

ARTICLE 1 — Tout prêtre a-t-il le pouvoir d’excommunier ?_ 119

ARTICLE 2 — Celui qui n’est pas prêtre peut-il porter une excommunication ?_ 119

ARTICLE 3 — Celui qui est excommunié ou suspens peut-il à son tour excommunier ?_ 120

ARTICLE 4 — Peut-on s’excommunier soi-même, ou excommunier son égal, ou bien son supérieur ?_ 121

ARTICLE 5 — Une sentence d’excommunication peut-elle être portée contre une collectivité tout entière ?_ 122

ARTICLE 6 — Celui qui est déjà l’objet d’une excommunication peut-il être excommunié à nouveau ?_ 122

QUESTION 23 — DES RAPPORTS QUE L’ON PEUT AVOIR AVEC LES EXCOMMUNIÉS_ 123

ARTICLE 1 — Est-il permis d’avoir des rapports avec un excommunié au plan purement matériel ?_ 123

ARTICLE 2 — Celui qui communique avec un excommunié encourt-il une excommunication ?_ 124

ARTICLE 3 — Y a-t-il toujours péché mortel à communiquer avec un excommunié dans le cas où ce n’est pas permis ?_ 125

QUESTION 24 — L’ABSOLUTION DE L’EXCOMMUNICATION_ 126

ARTICLE 1 — Tout prêtre peut-il absoudre de l'excommunication celui qui lui est soumis ?_ 126

ARTICLE 2 — Quelqu’un peut-il être absous contre sa volonté ?_ 127

ARTICLE 3 — Peut-on être absous d’une excommunication sans l’être de toutes les autres ?_ 128

QUESTION 25 — LES INDULGENCES_ 129

ARTICLE 1 — L’indulgence peut-elle remettre quelque chose de la peine satisfactoire ?_ 129

ARTICLE 2 — Les indulgences valent-elles autant qu’il est dit dans leur énoncé ?_ 131

ARTICLE 3 — Convient-il d’accorder des indulgences pour des choses temporelles ?_ 134

QUESTION 26 — CEUX QUI PEUVENT ACCORDER DES INDULGENCES_ 134

ARTICLE 1 — Un curé peut-il accorder des indulgences ?_ 135

ARTICLE 2 — Un diacre ou quelqu’un qui n’est pas prêtre peut-il accorder des indulgences ?_ 136

ARTICLE 3 — Un évêque peut-il accorder des indulgences ?_ 136

ARTICLE 4 — Celui qui est en état de péché mortel peut-il accorder des indulgences ?_ 137

QUESTION 27 — CEUX A QUI LES INDULGENCES PEUVENT PROFITER_ 138

ARTICLE 1 — Les indulgences peuvent-elles profiter à ceux qui sont en état de péché mortel ?_ 138

ARTICLE 2 — Les indulgences peuvent-elles profiter aux religieux ?_ 138

ARTICLE 3 — L’indulgence peut-elle quelquefois être accordée à celui qui ne fait as ce qui est prescrit tour la gagner ?_ 139

ARTICLE 4 — Une indulgence peut-elle profiter à celui qui l’a établie ?_ 140

QUESTION 28 — LA PÉNITENCE SOLENNELLE_ 141

ARTICLE 1 — Certaine pénitence doit-elle être rendue publique ou solennelle ?_ 141

ARTICLE 2 — La pénitence solennelle peut-elle se réitérer ?_ 142

ARTICLE 3 — Le rite de la pénitence solennelle est-il convenable ?_ 143

L’EXTRÊME ONCTION_ 144

QUESTION 29 — LE SACREMENT DE L’EXTRÊME ONCTION_ 144

ARTICLE 1 — L’extrême-onction est-elle un sacrement ?_ 144

ARTICLE 2 — L’extrême-onction n’est-elle qu’un seul sacrement ?_ 145

ARTICLE 3 — Ce sacrement a-t-il été institué par le Christ ?_ 146

ARTICLE 4 — L’huile d’olive est-elle la matière qui convient tour ce sacrement ?_ 148

ARTICLE 5 — Est-il nécessaire que l’huile soit consacrée ?_ 148

ARTICLE 6 — Faut-il que la matière de ce sacrement soit consacrée par l’évêque ?_ 149

ARTICLE 7 — Ce sacrement a-t-il une forme quelconque ?_ 150

ARTICLE 8 — La forme de ce sacrement doit-elle s’exprimer dans une formule indicative et non dans une formule déprécative ?_ 152

ARTICLE 9 — La formule dont on vient de parler est-elle la forme qui convient pour ce sacrement ?_ 153

QUESTION 30 — L’EFFET DU SACREMENT DE L’EXTRÊME-ONCTION_ 153

ARTICLE 1 — L’extrême-onction procure-t-elle la rémission des péchés ?_ 153

ARTICLE 2 — La guérison corporelle est-elle un effet de ce sacrement ?_ 155

ARTICLE 3 — Ce sacrement imprime- un caractère ?_ 156

QUESTION 31 — LE MINISTRE DU SACREMENT DE L’EXTRÊME-ONCTION_ 157

ARTICLE 1 — Si même un laïc peut conférer ce sacrement ?_ 157

ARTICLE 2 — Les diacres peuvent-ils conférer ce sacrement ?_ 158

ARTICLE 3 — Si l’évêque seul peut conférer ce sacrement ?_ 158

QUESTION 32 — A QUI CE SACREMENT DOIT-IL ÊTRE CONFÉRÉ, ET EN QUELLE PARTIE DU CORPS ? 159

ARTICLE 1 — Doit-on donner aussi ce sacrement à ceux qui se portent bien ?_ 159

ARTICLE 2 — Ce sacrement doit-il être donné en n’importe quelle maladie ?_ 160

ARTICLE 3 — Doit-on donner ce sacrement aux tous et à ceux qui sont dépourvus de raison ?_ 160

ARTICLE 4 — Doit-on donner ce sacrement aux enfants ?_ 161

ARTICLE 5 — Faut-il dans ce sacrement faire des onctions sur tout le corps ?_ 162

ARTICLE 6 — A-t-on fixé convenablement les parties du corps sur lesquelles les onctions doivent être faites ?_ 162

ARTICLE 7 — Ceux qui sont mutilés doivent-ils recevoir les onctions qui correspondent aux parties mutilées de leur corps ?_ 164

QUESTION 33 — LA RÉITÉRATION DE L’EXTRÊME-ONCTION_ 164

ARTICLE 1 — Ce sacrement doit-il être réitéré ?_ 164

ARTICLE 2 — Doit-on réitérer ce sacrement au cours d’une même maladie ?_ 165

L’ORDRE_ 165

QUESTION 34 — LE SACREMENT DE L’ORDRE -SA NATURE - SES ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS_ 165

ARTICLE 1 — Doit-il y avoir un ordre dans l’Église ?_ 166

ARTICLE 2 — La définition de l’ordre que donne le Maître des Sentences est-elle bonne ?_ 167

ARTICLE 3 — L’Ordre est-il un sacrement ?_ 168

ARTICLE 4 — La forme de ce sacrement est-elle convenablement exprimée ?_ 169

ARTICLE 5 — Y a-t-il une matière du sacrement de l’ordre ?_ 169

QUESTION 35 — L’EFFET DU SACREMENT DE L’ORDRE_ 170

ARTICLE 1 — Le sacrement de l’ordre confère-t-il la grâce sanctifiante ?_ 170

ARTICLE 2 — Tous les ordres donnent-ils un caractère ?_ 171

ARTICLE 3 — Le caractère de l’ordre présuppose-t-il le caractère baptismal ?_ 172

ARTICLE 4 — Le caractère de l’ordre présuppose-t-il nécessairement le caractère de la confirmation ?_ 173

ARTICLE 5 — Le caractère d’un ordre présuppose-t-il nécessairement celui d’un autre ordre ?_ 174

QUESTION 36 — DES QUALITÉS REQUISES CHEZ CEUX QUI DOIVENT ÊTRE ORDONNÉS_ 175

ARTICLE 1 — La sainteté de vie est-elle requise chez ceux qui doivent recevoir les ordres ?_ 175

ARTICLE 2 — La science de toute l’Ecriture est-elle requise chez l’ordinand ?_ 176

ARTICLE 3 — Suffit-il d’avoir une vie pleine de mérite pour être ordonné ?_ 177

ARTICLE 4 — Commet-il un péché, celui qui con/ère les ordres à des hommes qui en sont indignes ?_ 178

ARTICLE 5 — Quelqu’un en état de péché, peut-il sans pécher exercer les fonctions d’un ordre qu’il a reçu ?_ 179

QUESTION 37 — LA DISTINCTION DES ORDRES, DE LEURS ACTES ET DU CARACTÈRE QU’ILS IMPRIMENT_ 180

ARTICLE 1 — Doit-on distinguer plusieurs ordres ?_ 180

ARTICLE 2 — Compte-t-on sept ordres ?_ 181

ARTICLE 3 — Doit-on distinguer les ordres en sacrés et en non sacrés ?_ 184

ARTICLE 4 — Le livre des Sentences assigne-t-il justement sa jonction à chaque ordre ?_ 184

ARTICLE 5 — Le caractère sacerdotal s’imprime-t-il à la porrection du calice ?_ 187

QUESTION 38 — CEUX QUI CONFÈRENT CE SACREMENT_ 188

ARTICLE 1 — L’évêque est-il l’unique ministre de ce sacrement ?_ 188

ARTICLE 2 — Les hérétiques et les excommuniés peuvent-ils conférer les ordres ?_ 190

QUESTION 39 — DES EMPÊCHEMENTS A LA RÉCEPTION DE CE SACREMENT_ 191

ARTICLE 1 — Le sexe féminin est-il un empêchement à la réception du sacrement de l’ordre ?_ 192

ARTICLE 2 — Les enfants et ceux qui sont privés de l’usage de la raison peuvent-ils recevoir les ordres ?_ 193

ARTICLE 3 — Le servage est-il un empêchement à la réception des ordres ?_ 194

ARTICLE 4 — L’homicide est-il un motif d’écarter quelqu’un des ordres ?_ 195

ARTICLE 5 — La naissance illégitime peut-elle être un empêchement à la réception de l’ordre ?_ 196

ARTICLE 6 — Un défaut corporel est-il un empêchement à la réception de l’ordre ?_ 196

QUESTION 40 — QUESTIONS ANNEXES AU SACREMENT DE L’ORDRE_ 197

ARTICLE 1 — Les clercs doivent-ils porter lu tonsure ?_ 197

ARTICLE 2 — La tonsure est-elle un ordre ?_ 198

ARTICLE 3 — Le fait de recevoir la tonsure entraîne-t-il la renonciation aux biens temporels ?_ 199

ARTICLE 4 — Doit-il y avoir un pouvoir épiscopal supérieur à l’ordre sacerdotal ?_ 199

ARTICLE 5 — L’Épiscopat est-il un ordre ?_ 200

ARTICLE 6 — Dans l’Église peut-il se trouver quelqu’un qui soit supérieur aux évêques ?_ 201

ARTICLE 7 — Convenait-il que dans l’Église soient assignés des vêtements pour les ministres ?_ 203

LE MARIAGE_ 205

QUESTION 41 — LE MARIAGE, INSTITUTION NATURELLE_ 205

ARTICLE 1 — Le mariage est-il de droit naturel ?_ 205

ARTICLE 2 — Le mariage est-il obligatoire ?_ 207

ARTICLE 3 — L’acte conjugal est-il licite ?_ 208

ARTICLE 4 — L’acte conjugal est-il méritoire ?_ 210

QUESTION 42 — LE SACREMENT DE MARIAGE_ 211

ARTICLE 1 — Le mariage est-il un sacrement ?_ 211

ARTICLE 2 — N’aurait-on pas dû instituer ce sacrement avant le péché ?_ 212

ARTICLE 3 — Le mariage confère-t-il la grâce ?_ 213

ARTICLE 4 — L’union charnelle est-elle nécessaire au mariage ?_ 215

QUESTION 43 — DU MARIAGE ET DES FIANÇAILLES_ 216

ARTICLE 1 — Les fiançailles consistent-elles dans la promesse d’un mariage futur ?_ 216

ARTICLE 2 — convenait-il de fixer l’age de sept ans pour le contrat de fiançailles ?_ 218

ARTICLE 3 — Les fiançailles peuvent-elles lire rompues ?_ 220

QUESTION 44 — LA DÉFINITION DU MARIAGE_ 222

ARTICLE 1 — Le mariage est-il une union ?_ 222

ARTICLE 2 — Le mariage porte-t-il le nom qui lui convient ?_ 223

ARTICLE 3 — Le Maître des Sentences a-t-il bien défini le mariage ?_ 224

QUESTION 45 — LE CONSENTEMENT MATRIMONIAL 225

ARTICLE 1 — Le consentement est-il la cause efficiente du mariage ?_ 225

ARTICLE 2 — Est-il nécessaire d’exprimer le consentement de vive voix ?_ 226

ARTICLE 3 — Le consentement, exprime sous forme de promesse pour l’avenir, est-il cause du mariage ?_ 227

ARTICLE 4 — Un simple signe d’assentiment, même verbal, suffi à constituer le mariage, si le consentement intérieur fait défaut ?_ 228

ARTICLE 5 — Suffit-il de consentir en secret au mariage immédiat pour être marié ?_ 229

QUESTION 46 — DU CONSENTEMENT SUIVI D’UN SERMENT OU DE RELATIONS SEXUELLES_ 231

ARTICLE 1 — Y a-t-il mariage quand, à la promesse de le contracter, on ajoute un serment ?_ 231

ARTICLE 2 — Les relations charnelles qui suivent une promesse de mariage incluent-elles le mariage en fait ?_ 232

QUESTION 47 — DU CONSENTEMENT FORCÉ ET DU CONSENTEMENT SOUS CONDITION_ 233

ARTICLE 1 — Le consentement forcé est-il possible ?_ 233

ARTICLE 2 — Y a-t-il une forme de violence que puisse subir un homme résolu ?_ 235

ARTICLE 3 — Le consentement forcé rend-il le mariage nul ?_ 236

ARTICLE 4 — Le mariage est-il valide pour le conjoint qui a obtenu de force le consentement de l’autre ?_ 237

ARTICLE 5 — Le mariage est-il valide quand le consentement a été donné sous condition ?_ 238

ARTICLE 6 — Un père peut-il imposer le mariage à son enfant ?_ 238

QUESTION 48 — L’OBJET DU CONSENTEMENT_ 239

ARTICLE 1 — Le consentement qui constitue le mariage a-t-il pour objet l’union charnelle ?_ 239

ARTICLE 2 — Y a-t-il mariage quand le consentement a été motivé par un but déshonnête ?_ 241

QUESTION 49 — DES BIENS DU MARIAGE_ 242

ARTICLE 1 — Le mariage doit-il être justifié par les biens qu’il procure ?_ 242

ARTICLE 2 — La fidélité, l’enfant, le sacrement, sont-ils les seuls biens du mariage ?_ 244

ARTICLE 3 — Le sacrement est-il le bien principal du mariage ?_ 245

ARTICLE 4 — Les biens du mariage justifient-ils l’acte conjugal ?_ 247

ARTICLE 5 — Sans les biens du mariage, l’acte conjugal peut-il se justifier ?_ 248

ARTICLE 6 — Celui qui dans les relations conjugales ne se propose aucun des biens du mariage, mais le seul plaisir commet-il un péché mortel ?_ 250

QUESTION 50 — DES EMPÊCHEMENTS DE MARIAGE_ 251

ARTICLE UNIQUE — Convient-il d’assigner des empêchements au mariage ?_ 251

QUESTION 51 — L’EMPÊCHEMENT D’ERREUR_ 254

ARTICLE 1 — convient-il de considérer l’erreur comme un empêchement de mariage ?_ 254

ARTICLE 2 — Toute erreur empêche-t-elle le mariage ?_ 255

QUESTION 52 — L’EMPÊCHEMENT DE CONDITION SERVILE_ 257

ARTICLE 1 — La condition servile est-elle un empêchement de mariage ?_ 257

ARTICLE 2 — Un serf peut-il contracter mariage sans le consentement de son maître ?_ 260

ARTICLE 3 — Un homme peut-il se vendre comme serf après son mariage ?_ 261

ARTICLE 4 — Les enfants doivent-ils hériter de la condition du père ?_ 262

QUESTION 53 — DES EMPÊCHEMENTS DU VOEU ET DE L’ORDRE_ 264

ARTICLE 1 — Le voeu simple entraîne-t-il nécessairement la rupture du mariage ?_ 264

ARTICLE 2 — Le voeu solen rompt-il le mariage ?_ 265

ARTICLE 3 — L’Ordre est-il un empêchement de mariage ?_ 266

ARTICLE 4 — Après le mariage, peut-on recevoir un ordre sacré ?_ 268

QUESTION 54 — L’EMPÊCHEMENT DE CONSANGUINITÉ_ 269

ARTICLE 1 — La définition de la consanguinité est-elle empêchement au mariage ?_ 269

ARTICLE 2 — Peut-on diviser la consanguinité par degrés et par lignes ?_ 271

ARTICLE 3 — La parenté est-elle un empêchement de droit naturel ?_ 274

ARTICLE 4 — L’Eglise pouvait-elle fixer au quatrième degré les liens de consanguinité qui empêchent le mariage ?_ 276

QUESTION 55 — L’EMPÊCHEMENT D’AFFINITÉ_ 279

ARTICLE 1 — Le mariage est-il cause d’affinité ?_ 279

ARTICLE 2 — Après la mort de l’époux, l’affinité subsiste-t-elle entre la femme et les parents du mari ?_ 280

ARTICLE 3 — L’affinité provient-elle de relations illicites ?_ 281

ARTICLE 4 — L’affinité résulte-t-elle des fiançailles ?_ 282

ARTICLE 5 — L’affinité peut-elle se multiplier par elle-même ?_ 283

ARTICLE 6 — L’affinité est-elle un empêchement de mariage ?_ 285

ARTICLE 7 — L'affinité a-1-elle, par elle-même des degrés ?_ 286

ARTICLE 8 — Les degrés d’affinité s’étendent-ils aussi loin que les degrés de consanguinité ?_ 287

ARTICLE 9 — Doit-on toujours rompre le mariage contracté entre parents et alliés ?_ 287

ARTICLE 10 — Faut-il procéder par voie d’accusation pour faire rompre un mariage contracté entre parents par alliance et parents par le sang ?_ 289

ARTICLE 11 — Doit-on procéder à l’audition de témoins pour rompre un mariage contracté entre des parents par alliance ou par le sang ?_ 290

QUESTION 56 — L’EMPÊCHEMENT DE PARENTÉ SPIRITUELLE_ 291

ARTICLE 1 — La parenté spirituelle est-elle un e de mariage ?_ 291

ARTICLE 2 — Contracte-t-on la parenté spirituelle par le baptême seulement ?_ 292

ARTICLE 3 — Y a-t-il parenté spirituelle entre le baptise et son parrain ou sa marraine ?_ 294

ARTICLE 4 — La parenté spirituelle se transmet-elle de l’époux à l’épouse ?_ 295

ARTICLE 5 — La parenté spirituelle se communique-t-elle du père spirituel à ses fils selon la chair ?_ 296

QUESTION 57 — LA PARENTÉ LÉGALE, EFFET DE L’ADOPTION_ 297

ARTICLE 1 — La définition de l’adoption est-elle exacte ?_ 297

ARTICLE 2 — L’adoption entraîne t elle un lien qui soit empêchement au mariage ?_ 299

ARTICLE 3 — Ce lien spécial de parenté n’existe-t-il qu’entre l’adoptant et l’adopté ?_ 300

QUESTION 58 — DES EMPÊCHEMENTS D’IMPUISSANCE, DE MALÉFICE, DE FOLIE, D’INCESTE, D’AGE_ 301

ARTICLE 1 — L'impuissance est-elle un empêchement de mariage ?_ 302

ARTICLE 2 — Le maléfice est-il un empêchement de mariage ?_ 303

ARTICLE 3 — La démence est-elle un empêchement de mariage ?_ 305

ARTICLE 4 — L’inceste commis avec la soeur de l’épouse annule-t-il le mariage ?_ 306

ARTICLE 5 — Le défaut d’âge est-il un empêchement de mariage ?_ 307

QUESTION 59 — L’EMPÊCHEMENT DE DISPARITÉ DE CULTE_ 308

ARTICLE 1 — Un fidèle peut-il contracter mariage avec un infidèle ?_ 308

ARTICLE 2 — Le mariage des infidèles est-il un vrai mariage ?_ 310

ARTICLE 3 — Après sa conversion, un époux peut-il conserver l’épouse infidèle qu'il avait avant sa conversion, quand celle-ci refuse de se convertir ?_ 311

ARTICLE 4 — Le converti peut-il renvoyer son épouse infidèle quand celle-ci consent à continuer la vie commune sans offenser Dieu ?_ 313

ARTICLE 5 — Un époux chrétien peut-il prendre une nouvelle femme après avoir renvoyé son épouse infidèle ?_ 315

ARTICLE 6 — Les autres vices rompent-ils le mariage comme celui de l’infidélité ?_ 316

QUESTION 60 — DU MEURTRE DE L’ÉPOUSE_ 318

ARTICLE 1 — Un homme peut-il tuer sa femme surprise dans l’acte d’adultère ?_ 318

ARTICLE 2 — Le meurtre de l’épouse est-il un empêchement de mariage ?_ 319

QUESTION 61 — L’EMPÊCHEMENT DE VOEU SOLENNEL 320

ARTICLE 1 — Un des époux peut-il, contre le gré de l’autre, entrer en religion après la consommation du mariage ?_ 320

ARTICLE 2 — Avant la consommation du mariage, un des époux peut-il entrer en religion contre le gré de l’autre ?_ 321

ARTICLE 3 — Une femme peut-elle se remarier, lorsque son épouse est entré en religion avant la consommation du mariage ?_ 322

QUESTION 62 — L’EMPÊCHEMENT QUI PEUT SURVENIR APRÈS LA CONSOMMATION DU MARIAGE, C’EST-À-DIRE LA FORNICATION_ 323

ARTICLE 1 — Un mari peut-il renvoyer sa femme pour cause de fornication ?_ 323

ARTICLE 2 — Le mari est-il obligé de renvoyer sa femme coupable de fornication ?_ 324

ARTICLE 3 — Le mari peut-il, de sa propre autorité, renvoyer sa femme en cas de fornication ?_ 326

ARTICLE 4 — Peut-on mettre le mari et la femme sur le pied de l’égalité dans la cause de divorce ?_ 327

ARTICLE 5 — Après le divorce, l’homme peut-il ébouser une autre femme ?_ 329

ARTICLE 6 — Après le divorce, le mari et la femme peuvent-ils se réconcilier ?_ 330

QUESTION 63 — DES SECONDES NOCES_ 331

ARTICLE 1 — Les secondes noces sont-elles permises ?_ 331

ARTICLE 2 — Le second mariage est-il un sacrement ?_ 332

QUESTION 64 — CERTAINES QUESTIONS ANNEXES AU MARIAGE. 1° DU DEVOIR CONJUGAL 333

ARTICLE 1 — Chacun des époux est-il tenu de nécessité de précepte de rendre à l’autre le devoir conjugal ?_ 334

ARTICLE 2 — Le mari est-il tenu de rendre le devoir à son épouse lorsqu'elle ne le demande pas ?_ 335

ARTICLE 3 — Le mari et la femme jouissent-ils des mêmes droits pour l’acte du mariage ?_ 336

ARTICLE 4 — Le mari et la femme peuvent-ils, sans le consentement l’un de l’autre, faire un voeu contraire au devoir conjugal ?_ 337

ARTICLE 5 — Est-il défendu de demander le devoir conjugal les jours de fêtes ?_ 339

ARTICLE 6 — commet-on un péché mortel en demandant le devoir conjugal un jour de fête ?_ 339

ARTICLE 7 — Y a-t-il obligation de rendre le devoir conjugal un jour de fêle ?_ 340

QUESTION 65 — DES BIGAMES_ 340

ARTICLE 1 — La polygamie est-elle contraire à la loi naturelle ?_ 341

ARTICLE 2 — La polygamie a t-elle pu parfois être permise ?_ 345

ARTICLE 3 — La loi naturelle interdit-elle d’avoir une concubine ?_ 347

ARTICLE 4 — Est-ce un péché mortel que d’avoir rapport avec une concubine ?_ 348

ARTICLE 5 — A-t-il été parfois permis d’avoir une concubine ?_ 350

QUESTION 66 — LA BIGAMIE ET DE L’IRRÉGULARITÉ QUI EN RÉSULTE_ 351

ARTICLE 1 — La bigamie qui consiste à avoir eu successivement deux épouses entraîne-t-elle l’irrégularité ?_ 351

ARTICLE 2 — La bigamie qui consiste dans la possession simultanée ou successive de deux épouses l’une le l’autre illégitimes, produit-elle l’irrégularité ?_ 352

ARTICLE 3 — Encourt-on l’irrégularité en épousant une femme qui a perdu sa virginité ?_ 353

ARTICLE 4 — La bigamie est-elle détruite par le baptême ?_ 355

ARTICLE 5 — Est-il permis de dispenser un bigame ?_ 356

QUESTION 67 — LA LETTRE DE DIVORCE_ 357

ARTICLE 1 — L’indissolubilité du mariage est-elle de droit naturel ?_ 357

ARTICLE 2 — La répudiation de l’épouse a-t-elle pu être permise par dispense ?_ 358

ARTICLE 3 — La loi de Moïse permettait-elle la répudiation de l’épouse ?_ 360

ARTICLE 4 — L’épouse renvoyée pouvait-elle prendre un autre mari ?_ 362

ARTICLE 5 — Le mari pouvait-il reprendre l’épouse qu’il avait renvoyée ?_ 363

ARTICLE 6 — La haine de l’épouse était-elle la cause de son renvoi ?_ 364

ARTICLE 7 — Les causes du renvoi devaient-elles être inscrites dans la lettre de divorce ?_ 365

QUESTION 68 — DES ENFANTS ILLÉGITIMES_ 366

ARTICLE 1 — Les enfants qui naissent en dehors d’un vrai mariage sont-ils illégitimes ?_ 366

ARTICLE 2 — Les enfants illégitimes doivent-ils subir un dommage par suite de leur illégitimité ?_ 366

ARTICLE 3 — Peut-on légitimer un enfant illégitime ?_ 367

TRAITÉ DES FINS DERNIERES 368

L’AU- DELÀ_ 368

QUESTION 69 — LA DEMEURE DES ÂMES APRÈS LA MORT_ 368

ARTICLE 1 — Y a-t-il certaines demeures assignées aux âmes après la mort ?_ 369

ARTICLE 2 — Y a-t-il des âmes qui aillent au ciel ou en enfer aussitôt après la mort ?_ 370

ARTICLE 3 — Les âmes qui sont au ciel ou en enfer peuvent-elles en sortir ?_ 371

ARTICLE 4 — Cette expression "le sein d’Abraham" désigne-t-elle un limbe de l’enfer ?_ 373

ARTICLE 5 — Le limbe des Patriarches est-il la autre chose que l’enfer des damnés ?_ 374

ARTICLE 6 — Le limbe des enfants est-il le même que celui des Patriarches ?_ 375

ARTICLE 7 — Faut-il distinguer cinq demeures, ni plus ni moins ?_ 376

QUESTION 70 — LA CONDITION DE L’AME SÉPARÉE DU CORPS, ET LA PEINE QUE PEUT LUI INFLIGER UN FEU CORPOREL 378

ARTICLE 1 — Les puissances sensibles demeurent-elles dans l’âme séparée ?_ 378

ARTICLE 2 — Les actes des puissances sensibles demeurent-ils dans l’âme séparée ?_ 380

ARTICLE 3 — L’âme se peut-elle souffrir d’un feu corporel ?_ 382

QUESTION 70 bis — LA CONDITION DES AMES EN ÉTAT DE PÉCHÉ ORIGINEL 385

ARTICLE 1 — Le péché originel mérite-t-il par lui-même la peine du sens ?_ 386

ARTICLE 2 — La peine du dam fait-elle souffrir l’âme des enfants morts sans baptême ?_ 388

QUESTION 70 ter — LE PURGATOIRE_ 389

ARTICLE 1 — Y a-t-il un purgatoire après cette vie ?_ 390

ARTICLE 2 — Est-ce dans le même lieu que les âmes sont purifiées et les damnés punis ?_ 391

ARTICLE 3 — Les souffrances du purgatoire surpassent-elles toutes celles d’ici-bas ?_ 392

ARTICLE 4 — Les souffrances du purgatoire sont-elles volontaires ?_ 393

ARTICLE 5 — Les âmes du purgatoire sont-elles tourmentées par les démons ?_ 394

ARTICLE 6 — Le péché véniel comme péché, est-il expié par les souffrances du purgatoire ?_ 394

ARTICLE 7 — Les flammes du purgatoire libèrent-elles de la peine due au péché ?_ 396

ARTICLE 8 — Les âmes du purgatoire sont-elles délivrées plus vite les unes que les autres ?_ 397

QUESTION 71 — LES SUFFRAGES POUR LES DÉFUNTS_ 397

ARTICLE 1 — Les suffrages d’un fidèle peuvent-ils être utiles à un autre ?_ 398

ARTICLE 2 — Les morts peuvent-ils être aidés par les œuvres des vivants ?_ 399

ARTICLE 3 — Les suffrages des pécheurs sont-ils utiles aux défunts ?_ 400

ARTICLE 4 — Les suffrages des vivants pour les défunts sont-ils utiles à leurs auteurs ?_ 402

ARTICLE 5 — Les suffrages sont-ils utiles aux damnés ?_ 403

ARTICLE 6 — Les suffrages sont-ils utiles aux âmes du purgatoire ?_ 405

Q. 71, ARTICLE 7 — Les suffrages sont-ils utiles aux enfants morts sans baptême ?_ 407

ARTICLE 8 — Les suffrages sont-ils utiles de quelque manière aux âmes qui sont au ciel ?_ 407

ARTICLE 9 — Les prières de l’Église, le saintsacrifice et les aumônes sont-ils les suffrages les seuls utiles ou les plus utiles aux défunts ?_ 408

ARTICLE 10 — Les indulgences accordées par l’Église sont-elles utiles aux défunts ?_ 410

ARTICLE 11 — Les cérémonies des obsèques sont-elles utiles aux défunts ?_ 411

ARTICLE 12 — Les suffrages spécialement destinés à un défunt sont-ils plus utiles à lui qu’aux autres ?_ 413

ARTICLE 13 — Les suffrages destinés à plusieurs sont-ils aussi utiles à chacun que s’ils lui étaient uniquement destinés ?_ 414

ARTICLE 14 — Les suffrages communs sont-ils aussi utiles à ceux qui n’en ont pas d’autres, que le sont tout ensemble des suffrages spéciaux et les suffrages communs à ceux qui bénéficient des uns et des autres ?_ 415

QUESTION 72 — LA PRIÈRE DES SAINTS QUI SONT AU CIEL 416

ARTICLE 1 — Les saints connaissent-ils les prières que nous leur adressons ?_ 416

ARTICLE 2 — Devons-nous demander aux saints de prier pour nous ?_ 418

ARTICLE 3 — Les prières des Saints en notre faveur sont-elles toujours exaucées ?_ 420

LA FIN DU MONDE_ 421

QUESTION 73 — LES SIGNES PRÉCURSEURS DU JUGEMENT_ 421

ARTICLE 1 — Y aura-t-il des si précurseurs de l’avènement du Souverain Juge ?_ 422

ARTICLE 2 — Le soleil et la lune doivent-ils réellement cesser de briller, à l’époque du Jugement ?_ 423

ARTICLE 3 — A l’avènement du Seigneur, les vertus des cieux seront-elles ébranlées ?_ 424

QUESTION 74 — LA CONFLAGRATION DE L’UNIVERS À LA FIN DES TEMPS_ 425

ARTICLE 1 — Le monde doit-il être purifié ?_ 425

ARTICLE 2 — Cette purification se fera-t-elle par le feu ?_ 426

ARTICLE 3 — Ce feu sera-t-il de même nature que celui qui est l’un des quatre éléments ?_ 427

ARTICLE 4 — Ce feu purifiera-t-il aussi les cieux supérieurs ?_ 429

ARTICLE 5 — Ce feu doit-il consumer les autres éléments ?_ 430

ARTICLE 6 — Tous les éléments seront-ils purifiés par ce feu ?_ 432

ARTICLE 7 — La dernière conflagration suivra- t-elle le Jugement ?_ 433

ARTICLE 8 — Ce feu produira-t-il sur les hommes les effets indiques par le Maître des Sentences ?_ 433

ARTICLE 9 — Ce feu engloutira-t-il les réprouvés ?_ 434

LA RÉSURRECTION DE LA CHAIR_ 436

QUESTION 75 — LA RÉSURRECTION_ 436

ARTICLE 1 — La résurrection des corps doit-elle avoir lieu ?_ 436

ARTICLE 2 — Tous les hommes ressusciteront-ils ?_ 438

ARTICLE 3 — La résurrection est-elle naturelle ?_ 439

QUESTION 76 — LA CAUSE DE LA RÉSURRECTION_ 441

ARTICLE 1 — La résurrection du Christ est-elle la cause de la nôtre ?_ 441

ARTICLE 2 — La voix de la trompette sera-t-elle la cause de notre résurrection ?_ 442

ARTICLE 3 — Les anges coopéreront-ils à la résurrection ?_ 444

QUESTION 77 — LE TEMPS ET LE MODE DE LA RÉSURRECTION_ 444

ARTICLE 1 — La résurrection doit-elle être di jusqu’à la fin du monde, pour que tous les hommes ressuscitent ensemble ?_ 445

ARTICLE 2 — Le temps de la résurrection est-il caché ?_ 446

ARTICLE 3 — La résurrection aura-t-elle lieu pendant la nuit ?_ 448

ARTICLE 4 — La résurrection sera-t-elle instantanée ?_ 449

QUESTION 78 — LE POINT DE DÉPART DE LA RESURRECTION_ 450

ARTICLE 1 — La mort sera-t-elle pour tous les hommes le point de d de la résurrection ?_ 450

ARTICLE 2 — Tous les hommes ressusciteront- ils de leurs cendres ?_ 451

ARTICLE 3 — Les cendres avec lesquelles le corps sera refait ont-elles une inclination naturelle pour l’âme qui leur sera réunie ?_ 453

QUESTION 79 — L’ÉTAT DES RESSUSCITÉS ET D’ABORD LEUR IDENTITÉ_ 454

ARTICLE 1 — L’âme reprendra-t-elle le même corps ?_ 454

ARTICLE 2 — L’homme ressuscité sera-t-il le même homme ?_ 456

ARTICLE 3 — Les cendres reprendront-elles, dans le corps humain ressuscité la place qu’elles y occupaient ?_ 458

QUESTION 80 — L’INTÉGRITÉ DU CORPS RESSUSCITÉ_ 459

ARTICLE 1 — Tous les membres du corps humain ressusciteront-ils ?_ 459

ARTICLE 2 — Les cheveux et les ongles ressusciteront-ils ?_ 460

ARTICLE 3 — Les humeurs du corps humain ressusciteront-elles ?_ 461

ARTICLE 4 — Tout ce qui, dans le corps, fut vraiment humain ressuscitera-t-il ?_ 462

ARTICLE 5 — Tous les éléments matériels qui ont fait partie du corps ressusciteront-ils ?_ 464

QUESTION 81 — LA QUALITE DU CORPS DES RESSUSCITES_ 466

ARTICLE 1 — Tous les ressuscités auront-ils le même âge, celui de la pleine jeunesse ?_ 466

ARTICLE 2 — Tous les ressuscités auront-ils la même taille ?_ 467

ARTICLE 3 — Tous les ressuscités auront-ils le même sexe, le sexe masculin ?_ 467

ARTICLE 4 — Les ressuscités exerceront-ils les deux principales fonctions de la vie animale ?_ 468

QUESTION 82 — L’ETAT CORPOREL DES ELUS_ 469

ARTICLE 1 — Le corps des élus sera-t-il impassible ?_ 469

ARTICLE 2 — L’impassibilité sera-t-elle en tous les élus ?_ 472

ARTICLE 3 — L’impassibilité empêchera-t-elle l’activité des sens ?_ 472

ARTICLE 4 — Tous les sens des élus exerceront-ils leurs fonctions ?_ 474

QUESTION 83 — LA SUBTILITÉ DU CORPS DES ÉLUS_ 476

ARTICLE 1 — La subtilité est-elle une propriété du corps glorieux ?_ 476

ARTICLE 2 — La subtilité permet-elle au corps glorieux d’être dans un lieu occupé déjà par un corps non glorieux ?_ 477

ARTICLE 3 — Deux corps peuvent-ils, par miracle, occuper le même lieu ?_ 479

ARTICLE 4 — Deux corps glorieux peuvent-ils occuper le même lieu ?_ 481

ARTICLE 5 — La subtilité du corps glorieux l’affranchit-elle de la nécessité d’être dans un lieu semblable à lui-même ?_ 482

ARTICLE 6 — Lu subtilité rend-elle palpable le corps glorieux ?_ 483

QUESTION 84 — L’AGILITÉ DU CORPS DES ÉLUS_ 484

ARTICLE 1 — Le corps des élus sera-t-il doué d’agilité ?_ 484

ARTICLE 2 — Les élus feront-ils usage de leur agilité ?_ 485

ARTICLE 3 — Leur mouvement sera-t-il instantané ?_ 486

QUESTION 85 — LA CLARTÉ DU CORPS DES ÉLUS_ 489

ARTICLE 1 — La clarté est-elle une prérogative du corps glorieux ?_ 489

ARTICLE 2 — La clarté du corps glorieux peut-elle être vue par un oeil non glorifié ?_ 490

ARTICLE 3 — Le corps glorieux est-il nécessairement vu par un oeil non glorifié ?_ 491

QUESTION 86 — L’ÉTAT CORPOREL DES DAMNÉS_ 492

ARTICLE 1 — Les damnés ressusciteront-ils avec leurs difformités corporelles ?_ 492

ARTICLE 2 — Le corps des damnés sera-1-il incorruptible ?_ 493

ARTICLE 3 — Le corps des damnés sera-t-il impassible ?_ 494

LE MONDE DES RESSUSCITÉS 496

QUESTION 87 — LA CONNAISSANCE QUE LES RESSUSCITÉS AURONT, AU JOUR DU JUGEMENT, DE LEURS MÉRITES ET DE LEURS DÉMÉRITES_ 496

ARTICLE 1 — Chaque homme connaîtra-t-il, après la résurrection, les péchés qu’il a commis ?_ 496

ARTICLE 2 — Chacun pourra-t-il lire dans la conscience d’autrui tout ce qu’elle renferme ?_ 498

ARTICLE 3 — Chacun pourra-t-il voir d’un seul regard tous les mérites et démérites de lui-même et des autres ?_ 499

QUESTION 88 — DU JUGEMENT GÉNÉRAL, DE SA DATE ET DE SON LIEU_ 500

ARTICLE 1 — Le jugement général aura-t-il lieu ?_ 500

ARTICLE 2 — Ce jugement aura-t-il lieu oralement ?_ 502

ARTICLE 3 — La date du jugement général est-elle inconnue ?_ 503

ARTICLE 4 — Le jugement aura-t-il lieu dans la vallée de Josaphat ?_ 505

QUESTION 89 — JUGES ET JUGÉS AU JUGEMENT GÉNÉRAL 506

ARTICLE 1 — Y a-t-il des hommes qui jugeront avec le Christ ?_ 506

ARTICLE 2 — Le pouvoir judiciaire appartient-il à la pauvreté volontaire ?_ 507

ARTICLE 3 — Les anges doivent-ils juger ?_ 509

ARTICLE 4 — Les démons exécuteront-ils la sentence du juge à l’égard des damnés ?_ 510

ARTICLE 5 — Tous les hommes comparaîtront-il en jugement ?_ 511

ARTICLE 6 — Les bons seront-ils jugés en ce dernier jugement ?_ 512

ARTICLE 7 — Les méchants seront-ils jugés ?_ 513

ARTICLE 8 — Les anges seront-ils jugés au jugement dernier ?_ 514

QUESTION 90 — LA FORME SOUS LAQUELLE LE JUGE VIENDRA_ 515

ARTICLE 1 — Le Christ nous jugera-t-il sous la forme de son humanité ?_ 515

ARTICLE 2 — Le Christ au jugement apparaîtra-t-il sous la forme de son humanité glorieuse ?_ 517

ARTICLE 3 — La divinité peut-elle être vue sans jouissance par les méchants ?_ 519

QUESTION 91 — L’ÉTAT DU MONDE APRÈS LE JUGEMENT_ 520

ARTICLE 1 — Le monde sera-t-il renouvelé ?_ 520

ARTICLE 2 — Le mouvement des corps célestes cessera-t-il ?_ 522

ARTICLE 3 — La clarté des corps célestes sera-t-elle augmentée en cette rénovation ?_ 526

ARTICLE 4 — Les éléments seront-ils renouvelés par la réception d’une clarté ?_ 528

ARTICLE 5 — Les plantes et les animaux demeureront-ils dans cette rénovation ?_ 530

QUESTION 92 — LA VISION DE L’ESSENCE DIVINE_ 532

ARTICLE 1 — L'intelligence humaine peut-elle parvenir à voir Dieu en son essence ?_ 532

ARTICLE 2 — Les saints, après la résurrection, verront-ils Dieu avec les yeux du corps ?_ 540

ARTICLE 3 — Les saints en voyant Dieu voient-ils tout ce que Dieu voit ?_ 543

QUESTION 93 — LA BÉATITUDE DES SAINTS ET LEURS DEMEURES_ 547

ARTICLE 1 — La béatitude des saints sera-t-elle plus grande après le jugement qu’auparavant ?_ 547

ARTICLE 2 — Les degrés de béatitude doivent-ils être appelés demeures ?_ 548

ARTICLE 3 — Les diverses demeures se distinguent-elles selon les degrés de charité ?_ 549

QUESTION 94 — LE COMPORTEMENT DES SAINTS ENVERS LES DAMNÉS_ 550

ARTICLE 1 — Les saints dans le ciel verront-ils les souffrances des damnés ?_ 550

ARTICLE 2 — Les bienheureux ont-ils de la compassion pour les souffrances des damnés ?_ 551

ARTICLE 3 — Les bienheureux se réjouiront-ils des peines des impies ?_ 552

QUESTION 95 — LES DOTS DES BIENHEUREUX_ 553

ARTICLE 1 — Doit-on attribuer des dots aux hommes bienheureux ?_ 553

ARTICLE 2 — La dot est-elle ta même chose que ta béatitude ?_ 555

ARTICLE 3 — Convient-il au Christ d’avoir des dots ?_ 557

ARTICLE 4 — Les anges ont-ils des dots ?_ 558

ARTICLE 5 — Convient-il d’attribuer à l’âme trois dots ?_ 560

QUESTION 96 — LES AURÉOLES_ 562

ARTICLE 1 — L’auréole est-elle autre chose que la récompense essentielle, qu’on appelle couronne d’or ?_ 562

Article 2 — L’auréole digère-t-elle du fruit ?_ 565

Article 3 — Le fruit est-il réservé à la vertu de continence ?_ 567

Article 4 — Convient-il d’assigner trois couronnes aux trois parties de la partie de la continence ?_ 568

Article 5 — Une auréole est-elle due à la virginité ?_ 570

Article 6 — Une auréole est-elle due aux martyrs ?_ 572

Article 7 — Les docteurs ont-ils droit à une auréole ?_ 576

Article 8 — Une auréole est-elle due au Christ ?_ 577

Article 9 — Une auréole est-elle due aux anges ?_ 578

Article 10 — Convient-il de désigner trois auréoles — pour les vierges, les martyrs et les prédicateurs ?_ 579

Article 11 — L’auréole des vierges est-elle supérieure aux autres ?_ 580

Article 12 — Un bienheureux possède-t-il plus qu’un autre une auréole ?_ 581

QUESTION 97 — LE CHATIMENT DES DAMNÉS_ 582

ARTICLE 1 — Les damnés, en enfer, ne souffrent-ils que de la peine du feu ?_ 582

ARTICLE 2 — Le ver des damnés est-il corporel ?_ 583

ARTICLE 3 — Les pleurs des damnés sont-ils corporels ?_ 583

ARTICLE 4 — Les damnés sont-ils en des ténèbres physiques ?_ 584

ARTICLE 5 — Le feu de l’enter est-il physique ?_ 585

ARTICLE 6 — Le feu de l’enfer est-il de même nature que le nôtre ?_ 587

ARTICLE 7 — Le feu de l’enfer est-il souterrain ?_ 588

QUESTION 98 — LA VOLONTÉ ET L’INTELLIGENCE DES DAMNÉS_ 590

ARTICLE 1 — Tout vouloir des damnés est-il mauvais ?_ 590

ARTICLE 2 — Les damnés se repentent-ils du mal qu’ils ont accompli ?_ 591

ARTICLE 3 — Les damnés voudraient-ils, d’une volonté droite et délibérée, ne pas exister ?_ 592

ARTICLE 4 — Les damnés voudraient-ils ta damnation des non damnés ?_ 593

ARTICLE 5 — Les damnés haïront-ils Dieu ?_ 594

ARTICLE 6 — Les damnés déméritent-ils encore ?_ 594

ARTICLE 7 — Les damnés peuvent-ils se servir des connaissances acquises en ce monde ?_ 596

ARTICLE 8 — Les damnés penseront-ils parfois à Dieu ?_ 597

ARTICLE 9 — Les damnés voient-ils la gloire des bienheureux ?_ 597

QUESTION 99 — LA MISÉRICORDE ET LA JUSTICE DE DIEU À L’ÉGARD DES DAMNÉS_ 598

ARTICLE 1 — Est-ce la justice divine qui inflige aux pécheurs une peine éternelle ?_ 598

ARTICLE 2 — La miséricorde divine donnera-t-elle un terme à tout châtiment des hommes comme des démons ?_ 601

ARTICLE 3 — La miséricorde divine supporte-t-elle que les hommes soient punis éternellement ?_ 602

ARTICLE 4 — La miséricorde divine mettra-t-elle fin au châtiment des chrétiens damnés ?_ 604

ARTICLE 5 — Tous ceux qui ont accompli des œuvres de miséricorde seront-ils exempts des peines éternelles ?_ 605

 

 

LA PÉNITENCE (SUITE)

QUESTION 1 — A PROPOS DES PARTIES DE LA PÉNITENCE EN PARTICULIER. TOUT D'ABORD DE LA CONTRITION

Nous allons maintenant traiter de chacune des parties de la Pénitence :

1° la contrition ;

2° la confession ;

3° la satisfaction.

 

Au sujet de la contrition, cinq questions se posent : -1° qu’est-elle ? -2° quel doit être son objet ? -3° quelle doit être son intensité ? -4° quelle doit être sa durée ? -5° quel est son effet ?

 

Quant au premier point, il y a trois doutes à discuter 1. La définition ordinairement donnée de la contrition lui convient-elle ? -2. La contrition est-elle un acte de vertu ? 3. L’attrition peut-elle devenir contrition ?

 

ARTICLE 1 — La contrition est-elle une douleur voulontaire de nos péchés jointe à la résolution de se confesser et de donner satisfaction ?

Objections :

1. Il semble que la contrition ne soit pas "une douleur voulue de nos p jointe à la résolution de nous confesser et de donner satisfaction" comme quelques-uns la définissent, car, ainsi que le dit saint Augustin "la douleur a pour objet les choses qui nous arrivent contrairement à notre volonté". Or il n’en va pas ainsi des péchés. Donc la contrition n’est pas une douleur de nos péchés.

2. La contrition nous est donnée par Dieu, mais ce qui nous est donné ne dépend pas de notre volonté ; donc la contrition n’est pas une douleur voulue.

3. La satisfaction et la confession sont nécessaires à la rémission de la peine qui n’a pas été remise dans la contrition. Mais parfois il arrive que toute la peine est remise par la contrition. Il n’est donc pas toujours nécessaire que le pénitent contrit ait la résolution de se confesser et de donner satisfaction.

Cependant :

La proposition contestée est bien la définition même de la contrition.

Conclusion :

Comme le dit le livre de l’Ecclésiastique "le commencement de tout péché est l’orgueil" par lequel l’homme, s’attachant à son propre sentiment, se soustrait aux ordres de Dieu. Il faut donc que ce qui détruit le péché arrache l’homme à son propre sentiment. Or, de celui qui reste persévéramment attaché à son propre sentiment, on dit par métaphore qu’il est inflexible et dur. De là vient qu’on dit quelqu’un brisé, quand il est arraché à son propre sentiment. Mais entre le brisement et l’émiettement ou le broyage, dans les choses matérielles auxquelles on emprunte ces images pour les choses spirituelles, il y a de la différence. On dit brisé ce qui est partagé en gros morceaux et l’on dit émiettée ou broyée la matière solide qui a été réduite en parties tout à fait minimes. Or comme la rémission du péché exige que l’homme abandonne complètement toute cette affection pour le péché que son propre sentiment retenait à la manière d’une solide continuité, l’acte par lequel le péché est remis s’appelle métaphoriquement contrition.

Dans cette contrition, il y a plusieurs éléments à considérer, d’abord la substance de l’acte, puis son mode d’activité, son principe et ses effets. Selon ces diverses considérations, on a donné différentes définitions de la contrition.

Celle que nous avons citée vise la substance même de l’acte. Cet acte est à la fois acte de vertu et partie du sacrement de pénitence. La définition précitée nous manifeste donc son caractère d’acte vertueux en indiquant son genre, "une douleur", son objet, pour nos péchés, et l’acte d’élection requis pour l’acte vertueux, une douleur voulue. Elle nous le montre aussi comme partie du sacrement, en mentionnant sa relation avec les autres parties, quand elle dit : jointe à la résolution de nous confesser, etc.

On trouve aussi une autre définition de la contrition, qui la définit en tant qu’elle est simplement acte de vertu, mais ajoute à cette définition, la mention de la différence spécifique qui fait, de la contrition, un acte de la vertu spéciale de pénitence. Elle dit en effet que la contrition est "une douleur volontaire du péché, par laquelle le pénitent châtie en lui-même ce qu’il regrette d’avoir Commis". La mention du châtiment détermine le caractère spécifiquement Pénitentiel de la contrition.

Voici une autre définition donnée par saint Isidore : "La contrition est une componction et une humilité d’esprit accompagnée de larmes et venant du souvenir du péché et de la crainte du jugement". Cette définition indique la raison du nom de la contrition, en ce qu’elle la dit "humilité d’esprit" car de même que l’orgueil fait qu’une âme s’attache avec raideur à son propre sentiment, ainsi cette âme contrite s’humilie-t-elle en se détachant de son propre sentiment. Le mode extérieur de la contrition est aussi mentionné dans les mots : "accompagnée de larmes" et son principe, indiqué dans les paroles finales : venant du souvenir du péché et de la crainte du jugement.

Une autre définition tirée des paroles mêmes de saint Augustin, mentionne l’effet de la confession : "La contrition est une douleur qui remet le péché".

En voici encore une autre tirée textuellement de saint Grégoire : "La contrition est une humilité d’esprit anéantissant le péché entre l’espérance et la crainte." Cette définition nous donne la raison du nom de contrition, en disant : humilité d’esprit. L’effet de la contrition, en disant "anéantissant le péché" et son origine, en ajoutant : entre l’espérance et la crainte. Elle ne dit pas seulement la cause principale qui est la crainte, mais aussi la cause simultanée qui est l’espérance, sans laquelle la crainte pourrait conduire au désespoir.

Solutions :

1. Bien que les péchés aient été volontaires au moment où il nous est arrivé de les commettre, ils ne sont plus volontaires dès que nous en avons la contrition, mais accidents contraires à notre volonté, non pas il est vrai à la volonté que nous avons eue quand nous les voulions, mais à celle que nous avons présentement et par laquelle nous voudrions que ces 1 n’aient jamais existé.

2. La contrition est de Dieu seul, quant à la forme qui l’anime, mais quant à la substance de l’acte, elle est à la fois du libre arbitre et de Dieu qui opère dans toutes nos œuvres de nature et de volonté.

3. Bien que toute la peine puisse être remise I°'la contrition, la confession et la satisfaction restent cependant nécessaires, soit parce que l’homme ne peut pas être certain que la contrition ait été suffisante pour tout effacer, soit aussi parce que la confession et la satisfaction sont de précepte. On deviendrait donc transgresseur du précepte, en refusant de se confesser et de satisfaire.

 

ARTICLE 2 — La contrition est-elle un acte de vertu ?

Objections :

1. La contrition ne semble pas être un acte de vertu. Les passions en effet ne sont pas des actes de vertu car "elles ne nous méritent ni louanges, ni reproches" comme dit Aristote. Or la douleur est une passion. La contrition étant donc une douleur, il ne semble pas qu’elle soit un acte de vertu.

2. Les mots contrition et attrition viennent également du latin "tritum" broyé. Mais, de l’aveu de tous, l’attrition n’est pas un acte de vertu, donc la contrition non plus.

Cependant :

Rien n’est méritoire que l’acte de vertu. Or la contrition est un acte méritoire, donc aussi un acte de vertu.

Conclusion :

La contrition, à nous en tenir au sens propre de son nom, ne signifie pas un acte de vertu, mais une passion corporelle. Ce n’est pas cependant de sa signification nominale, qu’il est ici question, c’est de la réalité que vise la signification métaphorique du nom. Or, de même que l’enflure de la volonté propre, qui nous fait commettre le mal, comporte par elle-même un désordre qui est génériquement un mal, ainsi le fait d’annihiler, de broyer cette volonté propre comporte-t-il une réparation qui est génériquement un bien. Car il y a là une détestation de la propre volonté par laquelle le péché a été commis. La contrition, qui signifie cette annihilation de la volonté propre, comporte donc une certaine droiture de volonté. C’est pour cela qu’elle est un acte de vertu, de cette vertu qui a pour objet propre la détestation et la destruction du péché, à savoir de la pénitence, comme on le voit par ce qui a été dit dans la r Distinction du IV° Livre des Sentences.

Solutions :

1. Dans la contrition, il y a une double douleur du péché. L’une, qui est dans la sensibilité, est une passion, mais n’est pas essentiellement la contrition, en tant qu’acte de vertu ; elle est plutôt son effet. De même que la pénitence inflige au corps une peine extérieure en compensation de l’offense que nous avons commise contre Dieu en nous servant de nos membres, ainsi inflige-t-elle la peine de la susdite douleur au concupiscible qui, lui aussi, a coopéré au péché. Cette douleur peut cependant appartenir à la contrition, en tant que la contrition est partie du sacrement, car les sacrements, de par leur nature de signes, ne sont pas constitués seulement par des actes intérieurs, mais aussi par des actes extérieurs et des choses sensibles.

Il y a, dans la volonté, une autre douleur, qui n’est pas autre chose que le déplaisir d’un mal et qui est ainsi nommée en tant qu’on peut appliquer aux affections de la volonté, les noms des passions, comme on l’a dit dans le III° livre des Sentences, dist. 26. C’est à ce titre que la contrition est essentiellement une douleur, en même temps qu’un acte de la vertu de pénitence.

2. L’attrition marque une étape vers la contrition parfaite. C’est ainsi que dans les choses corporelles on dit : brisées, attrita, les choses qui sont déjà en morceaux, mais pas encore tout à fait en poussière. On les dit broyées, contrita, lorsque toutes les parties sont si bien écrasées que la division en est poussée à l’extrême. L’attrition signifie donc, dans les choses spirituelles, un certain déplaisir des péchés commis, qui est encore imparfait, tandis qu’il est parfait dans la contrition.

 

ARTICLE 3 — L’attrition peut-elle devenir contrition ?

Objections :

1. Il semble bien que l’attrition puisse devenir contrition. La contrition, en effet, diffère de l’attrition, comme la réalité, qui a sa forme, de celle qui ne l’a pas encore. Or la foi passe de l’état de foi sans forme, à celui de foi animée par sa forme. Donc l’attrition peut devenir contrition.

2. La matière reçoit sa perfection, quand dis-. paraît la privation (du bien que comporte cette perfection). Or la douleur est, pour la grâce, ce qu’est la matière pour la forme, puisque c’est la grâce qui donne à la douleur son efficacité spi rituelle. La douleur qui, tant qu’existait le péché, était d’abord sans forme c’est-à-dire privée de la grâce, reçoit donc, dès que le péché a disparu, la parfaite information de la grâce, et nous revenons ainsi à la même conclusion que dans l’objection précédente.

Cependant :

De deux choses qui ont des principes différents, l’une ne peut pas devenir l’autre. Or le principe de l’attrition est la crainte servile, celui de la contrition, la crainte filiale ; l’attrition ne peut donc pas devenir contrition.

Conclusion :

Sur cette question, il y a deux opinions. Certains théologiens disent que l’attrition devient contrition comme la foi sans forme devient foi vivifiée par sa forme. Mais c’est là, semble-t-il, une impossibilité. La disposition habituelle de foi qui n’a pas encore sa forme, peut bien, à la vérité, la recevoir ; mais jamais l’acte même d’une foi sans forme ne peut devenir l’acte d’une foi vivifiée par sa forme ; car l’acte de foi privé de forme passe et n’est plus, quand vient la charité. Or l’attrition et la contrition ne signifient pas une disposition habituelle, mais seulement un acte. De plus, les dispositions habituelles des vertus infuses, qui appartiennent à la volonté, ne peuvent pas exister sans leur forme, puisqu’elles suivent la charité. D’où il sait qu’avant l’infusion de la grâce, on n’a pas dans l’âme cette disposition habituelle d’où sortira l’acte de contrition, quand la grâce sera là. L’attrition ne peut donc d’aucune façon devenir contrition. C’est ce que soutient la seconde opinion

Solutions :

1. Il n’y a point parité entre la foi et la contrition, comme nous l’avons dit (dans la conclusion).

2. C’est la même matière qui reçoit la forme dont elle était privée, quand il s’agit d’une matière qui demeure au moment où la perfection qui lui arrive en chasse la privation. Mais la douleur de l’acte de contrition, qui était sans forme, est un acte passé, quand la charité arrive et ne peut donc plus en recevoir sa forme.

Ou bien il faut faire cette autre réponse. La matière ne recevant pas son essence, de la forme, comme l’acte la reçoit de la disposition habituelle qui détermine sa forme, il n’y a pas d’inconvénient à ce qu’une matière reçoive une nouvelle forme qu’elle n’avait pas auparavant. Mais quand il s’agit d’un acte, c’est aussi impossible qu’il est impossible à une réalité individuelle, de recevoir l’être d’un principe dont elle ne l’avait d’abord pas reçu, car une réalité n’est amenée à l’être qu’une seule fois.

 

QUESTION 2 — L’OBJET DE LA CONTRITION

Ayant maintenant à traiter de l’objet de la contrition, nous avons six questions à résoudre L’homme doit-il avoir la contrition : 1. des peines du péché ? -2. du péché originel ? -3. de tout péché actuel commis par lui-même ? -4. du péché actuel qu’il commettra à l’avenir ? -5. du péché commis par d’autres ? 6. de chaque péché mortel en particulier

 

ARTICLE 1 — L homme doit-il avoir la contrition, non seulement de la faute elle-même, mais encore de ses peines ?

Objections :

1. Il semble bien que l’homme doive avoir la contrition des peines du péché et non seulement de la faute. Saint Augustin dit, en effet, dans le livre De Paenitentia : "Personne ne désire la vie éternelle, s’il ne regrette pas cette vie mortelle". Or la mortalité de notre vie est une peine. C’est donc que le pénitent doit regretter aussi les peines du péché.

2. Nous avons dit (IV° Livre des Sentences, Dist. 16, c. i), d’après les textes de saint Augustin, que le pénitent doit regretter de s’être privé de vertu. Or cette privation de vertu est une peine. La contrition est donc une douleur qui a aussi les peines pour objet.

Cependant :

Nul ne garde ce dont il gémit. Or le pénitent, d’après la signification même de son nom, garde sa peine. Il ne la regrette donc pas et la contrition, qui est une douleur pénitentielle, n’a point pour objet la peine du péché.

Conclusion :

L’idée de contrition implique l’émiettement de quelque chose de dur et d’entier. Or ce bloc et cette dureté se trouvent dans le mal de faute, parce que la volonté, qui en est cause dans celui qui agit mal, s’entête en ses déterminations, sans vouloir céder aux préceptes de la loi. C’est pourquoi le déplaisir de ce mal s’appelle métaphoriquement contrition. Mais cette métaphore ne peut pas s’appliquer au mal de peine, parce que la peine dit simplement une diminution de bien. C’est pourquoi les maux de peine peuvent être sujet de douleur, mais non de contrition.

Solutions :

1. D’après saint Augustin, on doit regretter cette vie mortelle, non pas précisément parce qu’elle est mortelle, à moins que le regret ne soit pris au sens large de douleur quelconque, mais à cause des péchés auxquels nous conduit l’infirmité de cette vie.

2. Cette douleur, qui nous fait regretter la perte de la vertu par le péché, n’est pas essentiellement la contrition elle-même, mais son principe. De même, en effet, qu’on est amené à désirer quelque chose à cause du bien qu’on en attend, ainsi est on amené à regretter quelque chose, à cause du mal qui s’en est suivi.

 

ARTICLE 2 — Devons-nous avoir la contrition du péché originel ?

Objections :

1. Il semble que nous devions avoir la contrition du péché originel. Si nous devons avoir la contrition du péché actuel, ce n’est pas à cause de son acte en tant qu’il est une certaine réalité, niais à cause de sa difformité, car l’acte, dans sa substance, est un bien et vient de Dieu. Or le péché originel implique une difformité tout comme le péché actuel. Il peut donc être, lui aussi, objet de contrition.

2. Par le péché originel, l’homme a été détourné de Dieu, puisque sa peine était la privation de la vision divine. Or nous devons tous regretter d’avoir été séparés de Dieu. L’homme doit donc regretter le péché originel et par conséquent en avoir la contrition.

Cependant :

Le remède doit être proportionné à la maladie. Or c’est sans acte de notre volonté, que nous avons contracté le péché originel. L’acte de volonté, qu’est la contrition, n’est donc pas requis pour que nous en soyons purifiés.

Conclusion :

La contrition, avons-nous dit, est une douleur qui vise et, chine certaine façon, brise la dureté de la volonté. Elle ne peut donc avoir pour objet que les péchés qui proviennent en nous, de la dureté de notre volonté. Et comme le péché originel n’est pas entré en nous par un acte de notre volonté, mais a été contracté à raison de l’origine de notre nature viciée, nous ne Pouvons pas en avoir la contrition proprement dite, mais seulement du déplaisir et de la douleur.

Solutions :

1. La contrition n’a pas pour objet, dans le péché, la seule substance de l’acte qui, à ce titre, n’a pas raison de mal, ni la seule difformité, car la difformité n’a pas en elle-même raison de faute, et peut être quelquefois simplement une peine. Mais on doit avoir la contrition du péché, en tant que la double difformité (de faute et de peine) qu’il implique, provient d’un acte de volonté. Comme cela ne se trouve pas dans le péché originel, il n’est pas objet de contrition.

On doit répondre de même à la seconde objection, car c’est de l’aversion volontaire, qu’on doit avoir la contrition.

 

ARTICLE 3 — Devons-nous avoir la contrition de tout péché actuel ?

Objections :

1. Il semble que nous ne devions pas avoir la contrition de tous les péchés actuels que nous avons commis. En effet, les contraires sont guéris par leurs contraires. Or certains péchés, comme ceux d’acédie et d’envie, sont des péchés de tristesse. Leur remède doit donc être dans la joie et non point dans la tristesse qu’est la contrition.

2. La contrition est un acte de volonté qui ne peut voir pour objet ce qui ne tombe pas sous notre connaissance. Or il y a des péchés dont flous n’avons plus la connaissance, comme les péchés oubliés. Nous n’en pouvons donc pas avoir la contrition.

3. La contrition volontaire efface les péchés qui sont commis par la volonté. Or l’ignorance supprime le volontaire, comme le montre Aristote. Nous n’avons donc pas à nous repentir de ce qui nous arrive par ignorance.

4. Nous n’avons pas à nous repentir des péchés que la contrition n’enlève pas. Or la contrition n’enlève pas certains péchés, tels les péchés véniels, qui demeurent après la grâce de la contrition. Nous n’avons donc pas à nous repentir de tous nos péchés passés.

Cependant :

La pénitence est le remède de tous les péchés actuels. Or il n’y a pas de pénitence sans la contrition qui en est la première partie. C’est donc que nous devons avoir la contrition de tous nos péchés.

D’ailleurs aucun péché n'est remis à moins qu’on en soit justifié. Or pour la justification, il faut la contrition, comme on l’a déjà dit. C’est donc de tout péché, qu’il nous faut avoir la contrition.

Conclusion :

Toute faute actuelle vient de ce que notre volonté ne cède pas à la pression la loi de Dieu, soit en transgressant ses défense soit en omettant ce qu’elle commande, soit agissant en dehors de ses directions. Or le dur est précisément ce qui a la puissance de ne pas se laisser impressionner facilement. Il y a donc dans tout péché actuel, une certaine dureté de la volonté. C’est pour cela que, si le péché doit guéri, il ne peut l’être que par une contrition qui broie la volonté.

Solutions :

1. Ainsi que nous venons de le voir, la contrition est le contraire du péché, en tant qu’il procède d’une élection volontaire refusant de suivre la direction impérative de la loi divine, et non pas en tant qu’il est acte matériel. C’est ce qu’il y a de volontaire qui est précisément l’objet de l’élection. Mais l’élection volontaire n’a pas seulement pour objet les actes des autres facultés que la volonté emploie à ses propres fins, mais aussi l’acte propre de la volonté elle-même, car la volonté veut vouloir telle ou telle chose. C’est ainsi que la volonté peut vouloir cette douleur ou tristesse qui se trouve dans le péché d’envie ou d’autres de même genre, douleur de la sensibilité ou de la volonté elle- même. Voilà pourquoi la douleur de la contrition s’oppose à ces péchés.

2. On peut oublier une chose de deux façons. L’oubli peut être tel que le souvenir en soit complètement effacé de la mémoire. Tout effort pour le rappeler est alors inutile. Il peut au contraire n’être que partiel, comme lorsque nous nous rappelons avoir entendu parler d’une chose dont nous avons retenu le genre, mais dont nous ne savons plus l’espèce. Alors nous cherchons à préciser ce souvenir.

Ces deux sortes d’oubli se retrouvent, quand il s’agit du péché. Parfois nous en avons gardé un souvenir confus, mais nous n’en avons plus de souvenir précis. Nous devons alors nous efforcer de retrouver ce souvenir précis du péché, car nous devons avoir la contrition de chaque péché mortel en particulier. Si l’on n’arrive pas à préciser ce souvenir, il suffit d’avoir la contrition de ce péché comme on le connaît. On doit alors gémir non seulement sur le péché, mais encore sur cet oubli qui provient de la négligence.

Cependant si le souvenir d’un péché a complètement disparu de la mémoire, l’impuissance de faire la réparation qui serait strictement due nous en excuse et il nous suffit alors d’avoir la contrition générale de tout ce en quoi nous avons offensé Dieu. Mais quand cette impuissance disparaît, comme lorsque le souvenir de ce péché se réveille, nous sommes tenus alors d’en faire acte spécial de contrition. C’est ainsi que le pauvre, excusé par son impuissance de payer ses dettes, y est tenu dès qu’il le pourra.

3. Si l’ignorance supprimait tout à fait la volonté de mal agir, nous serions excusés et il n’y aurait pas de péché. Mais parfois l’ignorance ne supprime pas complètement le volontaire et alors elle n’excuse pas complètement du péché ; elle en diminue seulement la gravité, auquel cas l’homme doit avoir la contrition du péché ainsi commis par ignorance.

4. Le péché véniel peut rester, après que nous avons eu la contrition d’un péché mortel, mais non pas après la contrition de ce péché véniel. C’est pourquoi nous devons avoir la contrition des péchés véniels, de la même façon que nous en devons faire pénitence, comme on l’a dit précédemment.

 

ARTICLE 4 — Devons-nous avoir la contrition de nos péchés futurs ?

Objections :

1. Il semble que nous devions avoir aussi la contrition de nos péchés futurs. La contrition est en effet un acte du libre arbitre. Or le libre arbitre a beaucoup plus à faire futur qu’au passé, puisque l’élection qui est un acte du libre arbitre, a pour objet les futurs contingents, comme il est dit au III° livre des Ethiques. On doit donc avoir la contrition des péchés futurs plus que des péchés passés.

2. Le péché s’aggrave de ses conséquences : d’où ce dire de saint Jérôme, que la peine d’Arius n’est pas encore déterminée, parce qu’il est encore possible que son hérésie fasse de nouvelles victimes, dont la ruine augmentera sa peine. Il faut dire autant de celui qui est reconnu homicide par sentence judiciaire, même avant que mort celui qu’il a frappé, si la blessure est mortelle. Or dans le temps qui s’écoule entre le péché et ses conséquences, le pécheur doit avoir la contrition de son péché, par conséquent non seulement de la gravité qu’il a en fonction de l’acte passé, mais aussi de celle que doit lui donner l’avenir et c’est ainsi que la contrition s’intéresse à l’avenir.

Cependant :

La contrition est une partie de la pénitence. Or la pénitence a toujours pour objet des faits passés, donc aussi la contrition, qu’on ne saurait avoir d’un péché futur.

Conclusion :

Dans toutes les associations ordonnées de moteurs et de mobiles, le moteur inférieur a son mouvement propre en plus duquel il suit le mouvement du moteur supérieur, comme on le voit dans le mouvement des planètes qui, en plus de leur mouvement propre, suivent le mouvement du premier monde. Or dans toutes les vertus, le premier moteur est la prudence qu’on appelle la conductrice des vertus. Toute vertu morale a donc, en plus de son mouvement propre, quelque chose du mouvement de la prudence. D’où la pénitence, qui est une vertu morale, étant partie de la justice, suit, elle aussi, le mouvement de la prudence tout en ayant son acte propre.

Mais on acte propre s’exerce sur son objet propre qui est le péché déjà commis. Cet acte l)1 et principal, qui est la contrition, a donc seulement pour objet spécial le péché passé. C’est par voie de conséquence et en tant qu’à son acte propre se joint quelque chose de celui de la prudence, que la pénitence s’intéresse à l’avenir.

Mais ce n’est point en vertu de son activité proprement spécifique, qu’elle s’occupe de cet avenir. Voilà pourquoi celui qui a la contrition regrette le péché passé et prend garde au futur. Mais on ne dit pas qu’il a la contrition du péché futur, on dit plutôt qu’il se met en garde, ce qui est une partie de la prudence s’ajoutant à l’acte propre de la contrition.

Solutions :

1. On dit que le libre arbitre a pour objet les futurs contingents, en tant qu’il s’agit d’actes et non pas de l’objet de ces actes. L’homme peut en effet délibérer, avec son libre arbitre, sur des choses passées et nécessaires, l’acte de sa délibération restant cependant, en tant qu’objet du libre arbitre, un futur contingent. C’est ainsi que l’acte de contrition est un contingent en tant qu’il est objet du libre arbitre, alors que son objet, à lui, peut être le passé.

2. Ces conséquences, qui aggravent le péché, étaient déjà dans son acte, comme dans leur cause ; cet acte a donc eu toute sa gravité au moment où il a été commis, l’effet qui s’en suit n’ajoute rien à la gravité essentielle de la faute elle-même, bien qu’il ajoute quelque chose à la peine accidentelle de cette faute, en tant que le pécheur aura, en enfer, de plus nombreuses raisons de regretter les maux plus nombreux qui auront été la conséquence de son péché. Voilà ce que veut dire saint Jérôme. On ne doit donc avoir la contrition que des péchés passés.

 

ARTICLE 5 — Devons-nous avoir la contrition du péché d’autrui ?

Objections :

1. Il semble que nous devrions avoir la contrition du péché d’autrui. On ne demande point pardon, si ce n’est du péché dont on a la contrition. Or au Psaume 18, 13, on demande pardon des péchés d’autrui "Des péchés d’autrui, donne le pardon à ton serviteur". Nous devons donc avoir la contrition des péchés d’autrui.

2. La charité nous fait un devoir d’aimer notre prochain comme nous-mêmes. Or à cause de cet amour de nous-mêmes, nous pleurons nos maux et désirons le bien. Etant donc tenus de désirer pour le prochain les mêmes biens de grâce que nous désirons pour nous, nous devrions, semble-t-il, pleurer ses péchés comme les nôtres. Mais la contrition n’est pas autre chose que le douloureux regret du péché. Nous devons donc avoir la contrition des péchés d’autrui.

Cependant :

La contrition est un acte de la vertu de pénitence. Or personne ne fait pénitence que de ce qu’il a fait lui-même. Personne donc n’a la contrition des péchés d’autrui.

Conclusion :

Ce qui est broyé par la contrition est le même vouloir qui était auparavant dur et entier. Il faut donc que la contrition du péché soit dans le même vouloir que raidissait auparavant la dureté du péché. Il n’y a donc pas de contrition des péchés d’autrui.

Solutions :

1. Le prophète demande qu’on lui pardonne les péchés d’autrui, en tant que celui qui est associé aux pécheurs peut contracter quelqu’impureté par l’assentiment qu’il leur donne, ainsi qu’il est écrit au psaume 17, V. 27 : "Avec le pervers, tu deviens pervers".

2. Nous devons pleurer les péchés des autres, mais nous n’avons pas à en éveiller en nous la contrition, car toute douleur du péché passé n pas de la contrition.

 

ARTICLE 6 — La contrition de chaque péché mortel en particulier est-elle requise ?

Objections :

1. Il semble que la contrition de chaque péché mortel en particulier ne soit pas requise. Dans la justification, en effet, le mouvement de contrition est instantané. Or l’homme ne peut pas, en un instant, se remettre en mémoire chacun de ses péchés en particulier.

2. Nous devons avoir la contrition de nos péchés en tant qu’ils nous détournent de Dieu, car la contrition n’est pas exigée, quand nous allons à la créature, sans nous détourner de Dieu. Or tous les péchés mortels se ressemblent du côté de l’aversion. Il suffit donc de leur opposer une seule et même contrition.

3. Les péchés mortels actuels se ressemblent plus entre eux que le péché actuel et l’originel. Or un seul baptême efface tous les péchés actuels et le péché originel. Donc une seule contrition générale efface tous les péchés mortels.

Cependant :

Des maladies différentes il faut des remèdes différents, car "ce qui guérit l’oeil ne guérit pas le talon", comme dit saint Jérôme dans son commentaire sur ce passage de Marc "Ce genre de démon ne peut s’en aller que dans le jeûne et la prière". Or la contrition est un remède particulier pour un péché mortel en particulier. Il ne suffit donc pas d’une contrition commune pour tous les péchés.

D’ailleurs, la contrition se manifeste par la confession. Or il faut confesser chaque péché mortel, donc aussi avoir la contrition de chacun de ces péchés.

Conclusion :

On peut considérer la contrition sous deux aspects, dans son principe et dans son terme ; et j’appelle principe de la contrition, la pensée que quelqu’un donne à son péché, pour le regretter, sinon avec une douleur de contrition, du moins avec une douleur d’attrition. La contrition est à son terme, quand la grâce donne à cette douleur, sa forme. S’il s’agit donc d principe de la contrition, ce mouvement de contrition doit porter sur chacun des péchés dont on a le souvenir, mais quant au terme de la contrition, il suffit qu’on ait une contrition commune de tous ses péchés, car ce mouvement agit en vertu de toutes les dispositions précédentes.

Solutions :

1. L’exposé de notre conclusion donne réponse à la première objection.

2. Si tous les péchés se ressemblent quant au mouvement d’aversion, ils diffèrent cependant quant à la cause et au mode de cette aversion et quant au degré d’éloignement à l’égard de Dieu, et ces différences viennent de la diversité du mouvement de conversion au bien créé.

3. Le baptême agit en vertu du mérite du Christ, dont la vertu infinie s’étend à la rémission de tous les péchés. C’est pourquoi un seul baptême suffit contre tous les péchés. Mais, dans la contrition, il faut qu’au mérite du Christ se joigne notre acte à nous et que cet acte, par conséquent, réponde à chaque péché en particulier, puisqu’il n’a pas une vertu infinie pour la contrition.

Ou bien il faut dire que le baptême est une génération spirituelle, tandis que la pénitence, quant à la contrition et à ses autres parties, n’est qu’une guérison spirituelle qui agit par manière de Changement d’accident. Or il est évident que la génération corporelle d’un être, génération qui implique la corruption de l’être précédent, fait disparaître tous les accidents de l’être détruit, qui étaient contraires à ceux de l’être produit. Le changement accidentel, au contraire, ne fait disparaître que le seul accident contraire à l’accident nouveau qui est le terme de cette altération. C’est ainsi qu’un seul baptême efface tous les péchés par la vie nouvelle qu’il engendre ; tandis que la pénitence n’efface que chacun des péchés sur lesquels elle porte. C’est pourquoi chacun d’eux doit être l’objet de la contrition et de la confession.

 

 

QUESTION 3 — L’INTENSITÉ DE LA CONTRITION

Au sujet de l’intensité de la contrition dont nous devons parler maintenant trois questions se posent : 1. La douleur de la contrition est-elle la plus grande qui puisse être dans la nature ? -2. Peut-elle être excessive ? -3. Doit-elle être plus grande pour un péché que pour l’autre ?

 

ARTICLE 1 — La contrition est-elle la plus grande douleur qui puisse être dans la nature ?

Objections :

1. Il semble bien que la contrition ne soit pas la plus grande douleur qui puisse être dans la nature. La douleur est le sentiment d’une lésion. Mais certaines lésions sont plus vivement senties que la lésion du péché, telle, celle d’une blessure. La contrition n’est donc pas la plus grande douleur.

2. Nous devons juger de la cause par son effet. Or l’effet de la douleur, ce sont les larmes ; et puisqu’il arrive qu’un homme cependant contrit ne verse pas les larmes que lui font verser la mort d’un ami, une blessure ou quelque peine de ce genre, c’est que la contrition ne paraît pas être la plus grande des douleurs.

3. Plus une qualité reste mêlée à son contraire, moins elle est intense. Or la douleur de la contrition est mélangée de beaucoup de joie, car l’homme contrit se réjouit de sa libération du péché, de l’espérance de son pardon et de beau coup de choses de ce genre. Il n’a donc qu’un minimum de douleur.

4. La douleur de la contrition est un certain déplaisir. Mais il y a beaucoup de choses qui déplaisent plus à l’homme contrit, que ses péchés passés ; car il ne voudrait pas souffrir la peine de l’enfer, plutôt que de pécher, ni avoir souffert, ou souffrir toutes les peines temporelles. Autrement on trouverait bien peu d’hommes contrits. La douleur de contrition n’est donc pas la plus grande des douleurs.

Cependant :

D’après saint Augustin "toute douleur est fondée sur l’amour". Or l’amour de charité, sur lequel est fondée la douleur de contrition, est le plus grand des amours. La douleur de contrition doit donc être, elle aussi, la plus grande des douleurs.

D’ailleurs, la douleur a pour objet le mal. Si donc le mal est plus grand, plus grande doit être la douleur. Or la faute est un plus grand mal que la peine. Cette douleur de la faute, qu’est la contrition, doit donc surpasser toute autre douleur.

Conclusion :

Il y a, dans la contrition, une double douleur. L’une, qui est essentiellement la contrition, affecte la volonté et n’est pas autre chose qu’un déplaisir du péché passé. Cette douleur, dans la contrition, surpasse toutes les autres douleurs ; car plus une chose nous plaît, plus son contraire nous déplaît. Or la fin dernière nous plaît par-dessus tout, puisque c’est pour cette fin dernière, que nous désirons tout le reste. D’où le péché, qui nous détourne de cette fin dernière, doit nous déplaire par-dessus tout.

Il y a, dans la sensibilité, une autre douleur (lui vient de cette première douleur de volonté, soit par une conséquence naturelle et nécessaire, en tant que les facultés inférieures suivent le mouvement des supérieures, soit par élection de volonté, en tant que le pénitent excite en lui cette douleur pour pleurer ses péchés. Mais il n’est pas nécessaire que cette douleur de sensibilité, de quelque façon qu’elle soit produite, soit la plus grande des douleurs ; car les facultés inférieures sont plus fortement émues par leurs objets propres, que par le retentissement du mouvement des facultés supérieures. C’est pourquoi, plus l’opération des facultés supérieures se rapproche des objets des facultés inférieures, plus ces dernières suivent le mouvement des premières. Il s’en suit que la douleur provenant d’une lésion sensible est plus grande dans la sensibilité que celle qui peut s’éveiller sous le retentissement de la douleur de raison. De même la douleur excitée dans la sensibilité par une délibération rationnelle sur des choses corporelles est plus grande que celle provenant de la raison considérant les choses spirituelles. En conséquence, la douleur de la sensibilité provenant du déplaisir que la raison conçoit du péché n’est pas une douleur plus grande que les autres douleurs qui affectent cette même sensibilité. Il en va de même de la douleur volontairement excitée, soit parce que la faculté inférieure n’obéit pas parfaitement à la faculté supérieure, en sorte que l’intensité et la qualité de la passion dans l’appétit inférieur soient exactement ce qu’ordonne l’appétit supérieur, soit aussi parce que les passions voulues par la raison, dans les actes de vertu, gardent une certaine mesure que ne garde pas et que dépasse la douleur qui ne dépend pas de la vertu.

Solutions :

1. De même que la douleur sensible a pour objet la sensation de la lésion, ainsi la douleur intérieure a-t-elle pour objet la connaissance de quelque chose de nuisible. C’est pourquoi la lésion du péché, bien qu’elle ne soit pas perçue par le sens extérieur, est perçue comme souverainement grande par le sens intérieur de la raison.

2. Les modifications de notre état corporel dépendent immédiatement des passions de la sensibilité, et, seulement par leur intermédiaire, des affections de la volonté. De là vient que la douleur de sensibilité ou même le simple mal sensible font couler les larmes corporelles, plus vite que la douleur spirituelle.

3. La joie, que le pénitent a de sa douleur, ne diminue pas son déplaisir du péché, parce qu’elle n’est pas contraire à ce déplaisir. Bien plus, elle l’augmente en tant que toute opération s’intensifie par le plaisir qui lui est attaché, comme le dit Aristote dans les Ethiques, L. 10. C’est ainsi que celui qui prend plaisir à l’étude d’une science, l’apprend mieux. De même celui qui se réjouit de son déplaisir, sent ce déplaisir augmenter. Mais il peut arriver que cette joie tempère la douleur, en débordant de la raison sur la sensibilité.

4. Le degré de déplaisir qu’on a d’une chose, doit correspondre au degré de la malice de cette chose. Or la malice du péché mortel se mesure à la dignité de celui qu’il outrage et au mal qu’il fait à celui qui pèche. De plus, l’homme devant aimer Dieu plus que lui-même, il doit, dans sa faute, haïr l’offense de Dieu plus que le mal que cette faute lui fait à lui-même.

Mais c’est surtout en le séparant de Dieu, que la faute nuit au pécheur, et, de ce point de vue, cette séparation d’avec Dieu, qui est une peine, doit plus déplaire que la faute elle-même en tant qu’elle nous cause ce mal, parce que ce qui nous est odieux à cause d’une autre chose, nous est moins odieux que cette autre chose. Toutefois cette peine de la séparation doit nous être moins odieuse que la faute elle-même, en tant qu’elle est offense de Dieu.

Mais entre toutes les peines de la malice du péché, il y a une gradation mesurée par la gravité du dommage qu’elles nous causent. D’où, le plus grand dommage étant celui qui nous prive du plus grand bien, la plus grande des peines est la séparation d’avec Dieu.

Il y a aussi une autre mesure de malice accidentelle qu’il nous faut considérer dans cette question du déplaisir du péché, c’est celle qui vient de la différence entre le présent et le passé. Ce qui est passé n’est plus, d’où la diminution de sa raison de malice ou de bonté. De là vient que l’homme a plus horreur d’un mal à souffrir dans le présent ou dans l’avenir, que d’un mal passé. C’est pourquoi il n’y a pas, dans l’âme, de passion correspondant directement au mal passé, comme la douleur répond au mal présent ou futur. Il s’en suit que, de deux maux passés, le plus odieux pour l’esprit est celui dont l’effet se fait sentir davantage dans le présent ou inspire plus de crainte pour l’avenir, même si, dans le passé, c’était le moindre mal. De plus, l’effet de la faute précédente est parfois moins vivement perçu que l’effet de la peine passée, soit parce que la faute est plus parfaitement guérie que certaine peine, soit parce qu’un mal corporel est plus manifeste qu’un mal spirituel. Il s’en suit que même un homme bien disposé sent parfois en lui plus d’horreur de la peine précédente, que de la faute précédente, bien qu’il soit prêt à souffrir cette même peine, plutôt que de commettre cette même faute.

Il faut aussi considérer, dans cette comparaison de la faute et de la peine, que certaines peines, comme la séparation d’avec Dieu, impliquent inséparablement une offense de Dieu et que d’autres, comme la peine de l’enfer, ont aussi, en plus, le caractère de peines perpétuelles. De la peine qui implique une offense de Dieu, on doit donc se garder de la même façon que de la faute. Quant à celle qui ajoute à cela un caractère de perpétuité, on doit la fuir absolument plus que la faute. Si cependant on sépare de ces peines leur caractère d’offense et que l’on regarde seulement ce qu’elles ont de pénal, elles ont alors moins de malice que la faute en tant qu’elle est offense de Dieu, et, pour cela, doivent causer moins de déplaisir.

On doit savoir aussi, que, bien que telle doive être la disposition du pécheur contrit, il ne faut pas le tenter à ce sujet, car l’homme ne peut pas facilement mesurer ses affections et quelquefois ce qui lui déplaît le moins paraît lui déplaire le plus, parce qu’il s’agit d’une chose plus voisine du dommage sensible qui nous est plus connu.

 

ARTICLE 2 — La douleur de contrition peut-elle être excessive ?

Objections :

1. Il semble que la douleur de contrition ne puisse pas être excessive. Aucune douleur en effet ne peut être plus immodérée que celle qui détruit le sujet qu’elle affecte. Or la douleur de la contrition est louable, quand elle est si grande, qu’elle amène la mort ou la n Voici en effet ce que dit saint Anselme : "Plaise à Dieu que les entrailles de mon âme soient telle- tuent pénétrées de componction, que la moelle de mon corps en soit desséchée", et saint Augustin dit "qu’il mérite de pleurer jusqu’à en devenir aveugle". C’est donc que la douleur de contrition ne peut être excessive.

2. La douleur de contrition procède de l’amour de charité. Or l’amour de charité ne peut pas être excessif, donc la douleur non plus.

Cependant :

Toute vertu morale est sujette à la corruption par excès ou par défaut. Or la contrition est un acte de vertu morale, à savoir de la pénitence qui est partie de la justice. Donc il peut y avoir excès dans la douleur du péché.

Conclusion :

La contrition, du côté de la douleur qui est dans la raison, c’est-à-dire du déplaisir que nous avons du péché, en tant qu’il est offense de Dieu, ne peut pas être excessive, pas plus que ne peut être excessif l’amour de charité dont l’intensité fait celle de ce déplaisir. Mais quant à la douleur sensible, elle peut être excessive, comme peut l’être toute mortification corporelle.

En tout ceci, on doit prendre, pour mesure, la conservation du sujet qu’affecte la contrition et d’un bon état habituel qui suffise aux occupations obligatoires du pénitent. C’est pourquoi l’Epître aux Romains nous dit "Que votre service soit raisonnable".

Solutions :

1. Saint Anselme désirait que l’ardeur de la dévotion desséchât les moelles de son corps, non pas quant à la moelle matérielle de la nature corporelle, mais quant aux désirs et concupiscences de ce corps. Quant à saint Augustin, il se jugeait vraiment digne de perdre les yeux du corps, à cause de ses péchés, Car tout pécheur mérite la mort corporelle et non seulement l’éternelle, mais il n’avait nul désir de s’enlever la vue.

2. La raison donnée dans cette objection se rapporte à la douleur qui est dans la raison.

Quant à la raison du celle s’applique à la douleur de sensibilité.

 

ARTICLE 3 — Devons-nous avoir plus de douleur d’un péché que d’un autre ?

Objections :

1. Il semble que nous ne devions pas avoir plus de douleur d’un péché que d’un autre. Saint Jérôme loue sainte Paule de ce qu’elle pleurait les plus petits péchés tout comme les grands. C’est donc que nous ne devons pas pleurer un péché plus qu’un autre.

2. Le mouvement de contrition est instantané. Or un seul mouvement ne peut pas avoir en même temps divers degrés d’intensité. La contrition ne doit donc pas être plus grande pour un péché que pour un autre.

3. C’est surtout en tant que le péché nous détourne de Dieu, qu’on en a la contrition. Or, en ce mouvement d’aversion, tous les péchés se ressemblent, puisque tous enlèvent la grâce qui unit l’âme à Dieu. On doit donc avoir égale contrition de tous les péchés mortels.

Cependant :

On dit dans le Deutéronome : "A la mesure du péché, sera la mesure des coups". Or c’est dans la contrition, que s’établit la proportion des coups avec le péché, puisque la contrition implique la résolution de satisfaire. La contrition doit donc être plus grande pour un péché que pour l’autre.

D’ailleurs, l’homme doit avoir la contrition de ce qu’il devait éviter. Or si l’homme se trouvait clans l’alternative de faire l’un ou l’autre de deux péchés, il devrait éviter le plus grave, plutôt que l’autre. Ainsi donc doit-il de même avoir plus de contrition d’un péché, que d’un autre.

Conclusion :

De la contrition nous pouvons parler de deux façons : 1° en tant qu’elle correspond à chaque péché pris en particulier Ainsi considérée, la douleur de contrition, en tant qu’elle est douleur de volonté, doit être plus grande pour un péché plus grave, parce que la raison de cette douleur, l’offense de Dieu, est plus grande dans un péché que dans l’autre, un acte plus désordonné offensant Dieu davantage. De même aussi la douleur de sensibilité, en tant qu’elle est volontairement excitée comme expiation du péché, doit être plus grande pour un plus grand péché qui mérite une plus grande peine. Cependant le degré de cette même douleur, en tant qu’elle résulte de l’impression de l’appétit supérieur sur l’inférieur, dépend de la disposition de la sensibilité à recevoir l’impression de la volonté et non pas de la gravité du péché. 2° La contrition peut être considérée en tant qu’elle porte sur tous les péchés en même temps, comme dans l’acte de la justification. Cette contrition générale elle-même, ou bien procède d’une considération distincte de chaque péché, auquel cas, son acte bien qu’il soit Un, contient virtuellement cette distinction des péchés ; ou bien elle implique au moins la volonté de penser à chacun des péchés et par conséquent une disposition habituelle à regretter l’un plus que l’autre.

Solutions :

1. Sainte Paule n’est pas louée de ce qu’elle pleurait également tous les péchés, mais de ce qu’elle pleurait de petits péchés autant que d’autres en auraient pleuré de grands. Quant à elle-même, elle eût pleuré beaucoup plus encore des fautes plus graves.

2. Dans cet acte instantané de contrition, bien qu’on ne puisse pas trouver actuellement la distinction d’intentions portant sur chacun des différents péchés, on l’y trouve virtuellement, comme on l’a dit dans la conclusion. On l’y trouve aussi d’une autre façon, en tant que chaque péché a une certaine relation avec l’offense de Dieu qui, dans cette contrition générale, est l’objet du regret du coeur contrit. Celui qui aime un tout, aime en puissance ses parties, bien qu’il ne les aime pas en acte, et de cet amour en puissance, il les aime plus ou moins selon la relation qu’elles ont avec le tout. C’est ainsi que celui qui aime une communauté, aime chacun de ses membres, mais plus ou moins, selon les relations de chacun avec le bien de la communauté. De même, celui qui regrette d’avoir offensé Dieu, a un regret implicitement différent de ses différents péchés, selon que, par eux, il a plus ou moins offensé Dieu.

3. Bien que tout péché mortel nous détourne de Dieu en nous enlevant la grâce, cependant l’un nous éloigne de Dieu plus que l’autre, en tant que son désordre est plus en désaccord que celui de l’autre péché, avec l’ordre de la divine bonté.

 

QUESTION 4 — LE TEMPS DE LA CONTRITION

Ayant maintenant à traiter du temps de la contrition, nous nous poserons trois questions 1.